Le procès en appel des financements libyens a connu un tournant mardi 14 avril devant la cour d’appel de Paris. Absent pour raisons de santé, l’ancien secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a transmis une attestation de trois pages mettant directement en cause Nicolas Sarkozy. Ce document fragilise la ligne de défense de l’ancien chef de l’État, qui nie toute implication dans les tractations avec le régime libyen.
Claude Guéant affirme que Nicolas Sarkozy lui aurait demandé d’examiner la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi, condamné en France à la perpétuité pour l’attentat du DC-10 d’UTA ayant causé 170 morts. Selon lui, lors d’un dîner officiel à Tripoli en 2007, Mouammar Kadhafi aurait évoqué ce dossier devant Sarkozy, lequel lui aurait lancé : « Claude, voyez cela ».
À la barre, Nicolas Sarkozy a opposé « le démenti le plus formel », assurant ne pas se souvenir de cette scène. Mais l’attestation de Claude Guéant va plus loin : il soutient également que ses déplacements en Libye entre 2008 et 2010 se sont faits « à la demande du président », contrairement aux déclarations récentes de l’ancien chef de l’État, qui affirmait ignorer leurs motifs.
Le dossier porte sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle de 2007. En première instance, Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux ont été condamnés pour association de malfaiteurs. L’audience d’appel a aussi ravivé les tensions autour du rôle de l’intermédiaire Ziad Takieddine et des accusations de remises de fonds en espèces.




