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Les rangs de cette classe de Terminale d’un lycée technique parisien restent sceptiques. Signe de l’appréhension que déclenchent ces sujets, le lycée où le ministre de l’Education est venu ce vendredi matin, demande expressément à ne pouvoir être identifié. L’enseignante explique « se méfier des réseaux sociaux ». L’hommage à Samuel Paty se fera donc dans un lieu anonyme. Ce qui en dit long sur le traumatisme qu’a provoqué son assassinat.

Un bras se lève à nouveau : « Vous nous dites qu’on a le droit de critiquer une religion mais (contre cela) on a le droit de s’énerver aussi, non ? » On évoque rapidement Charlie Hebdo, les attentats. Une élève va plus loin : « Plus vous allez continuer (avec la laïcité), plus il y aura des morts. » Assis face à la classe, Pap Ndiaye réagit :« Rien ne dit que ça va continuer. On se bat contre. Et il ne faut pas reculer car sinon ce sera la victoire de ceux qui veulent la fin de la démocratie. »

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Puis, moins euphémiste : « On n’est pas très loin de l’idée que, pour eux, la laïcité est une injustice qui leur est faite, que c’est une contrainte qui va à l’encontre de leur individualisme. » Après quatre mois au gouvernement, le ministre, qui a d’abord semblé prendre ce phénomène des atteintes à la laïcité avec distance, reconnaît « avoir évolué, notamment en raison des réseaux sociaux et des “défis” qui y sont lancés ». « J’étais plus préoccupé par les contestations des enseignements et le refus de participer à certains cours, atteintes qui, elles, sont en baisse alors que les abayas sont l’ordinaire de beaucoup d’établissements, certes concentrés dans quelques secteurs », poursuit-il.

Bien conscient que son arrivée rue de Grenelle a été perçue comme un virage anti-Blanquer, Pap Ndiaye rectifie le tir aujourd’hui : « Je n’aurai pas la main qui tremble pour faire appliquer la loi. » Samedi, il participe à l’hommage rendu à la Sorbonne par les professeurs d’histoire-géographie à leur collègue Samuel Paty. Lundi il sera présent à l’Ecole Boulle pour une nouvelle minute de silence. « On n’avancera pas seulement avec des commémorations. C’est un travail de longue haleine. Il faut inlassablement enfoncer le clou », soupire-t-il, en aparté.

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