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C’était un quartier oublié de Paris. Entre le tumulte de Bastille et du Marais, le quartier de Sully-Morland, dans le 4e arrondissement, vivait au ralenti depuis quelques années. Largement occupé par les appartements de la Garde Républicaine, boulevard Henri-IV, l’Arsenal s’est vidé de ses habitants et de ses commerces. C’était sans compter l’arrivée d’un immeuble bien particulier installé à la place de l’ancienne cité administrative. Le nouvel immeuble-quartier Morland Mixité Capitale promet de vivifier une zone effacée du 4e arrondissement de Paris. Deux défis majeurs sont relevés par les architectes : assurer une mixité sociale en multipliant les usages proposés au sein de l’immeuble, tout en relevant un objectif écologique.

Il s’appelle Morland Mixité Capitale et a été imaginé par le promoteur immobilier Emerige, en collaboration avec plusieurs gros noms de l’architecture tels que David Chipperfield ou Jean-Philippe Le Bœuf, du studio Calq. Alors lors de son inauguration ce mardi matin, il y avait de quoi souffler après « ces années de travail », mises en avant par Laurent Dumas, président du conseil de surveillance d’Emerige. Il faut en effet remonter à 2015 pour découvrir la genèse du projet, présentée à l’occasion de l’appel à projets « Réinventer Paris », organisé par la Ville. L’année suivante, la sentence tombe et Morland Mixité Capitale fait finalement partie des 23 sites lauréats sélectionnés par Anne Hidalgo, « le plus grand » se réjouit-on parmi les architectes. Il y a de quoi, car l’immeuble-quartier s’étend désormais sur près de 44.000 mètres carrés et surplombe la Seine du haut de ses 50 mètres.

Mais au-delà de sa superficie impressionnante, c’est la modernité qui frappe le visiteur à la découverte de cet édifice tout de verre vêtu. Outre son arche massive qui semble porter le poids des 16 étages, le défi de modernité se traduit également par les enjeux sociaux et environnementaux de l’immeuble.

Sociaux, car le lieu veut être le symbole de la mixité urbaine. Cela se conjugue par l’installation de onze usages différents dans un même bâtiment. On y retrouve toute forme de logements (200 en tout !) à la fois sociaux, intermédiaires ou privés. « C’est ça la mixité sociale, c’est quand vous n’avez pas forcément les mêmes revenus dans un immeuble », se réjouit le maire de Paris Centre, Ariel Weil, qui met en lumière également « la mixité d’usages ». Car en tout le bâtiment mélange différentes utilisations de l’espace : une auberge de jeunesse pour les petits budgets, ainsi qu’un hôtel cinq étoiles. Plus original encore, Morland Mixité Habitat propose un club de fitness et une piscine, des bars et restaurants, des bureaux, une galerie d’art, une crèche et même un marché alimentaire. « Un chantier considérable », résume Laurent Dumas.

Le mot est bien choisi, car derrière cette ambiance de village-vacances, l’immeuble répond à un vrai défi écologique : la réhabilitation d’un vieil immeuble qui n’avait plus une belle image dans le quartier. « Les investisseurs disent souvent qu’il faut plutôt supprimer que de reconstruire », sourit l’architecte David Chipperfield, qui préfère démentir d’une traite l’allégation. « Le résultat montre que notre vision de réadapter et mixer était la bonne. » Mais le défi écologique ne s’arrête pas là. L’écoresponsabilité se traduit également par l’installation de 2.800 m2 d’agriculture urbaine sur les toits de l’immeuble. Les 150 variétés végétales ne servent pourtant pas qu’à la décoration. « Elles permettent également de traiter les eaux usées de l’immeuble », souligne l’agence Calq.  […]

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