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Au centre de rétention pour étrangers sans papiers, Mohamed a cru qu’il pouvait faire la loi. Y compris essayer d’embrasser une policière. Et, au tribunal de Meaux (Seine-et-Marne), le Tunisien s’est montré arrogant, jusqu’à piquer une violente colère qui s’est mal terminée.

« Ouais ! » Ainsi répond Mohamed aux questions qui ne le fâchent pas. Et, s’il n’est pas d’accord, il vocifère et gesticule sur fond d’insultes envers la police, les femmes, la France, ses cibles privilégiées. Poursuivi pour refus de quitter le territoire, tentative d’agression sexuelle, menaces envers sept personnes dépositaires de l’autorité publique, ce jeune homme de 22 ans n’a nulle intention de se soumettre aux magistrats. Tout, dans son attitude, semble indiquer qu’il les méprise.

La juge entreprend son récit par les faits les moins graves. Mohamed, qui ne veut pas rentrer en Tunisie en dépit de l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) délivrée début 2022 par le préfet, applique le tuyau que se communiquent désormais tous les récalcitrants : il interdit à quiconque de lui faire un test PCR pour vérifier qu’il est négatif au coronavirus. Sans contrôle, il a pu échapper à l’embarquement en avion les 19 mars, 8, 12, 22 avril. Par conséquent, il est enfermé au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot depuis trois mois. Situation certes inconfortable, ce type de lieu bondé n’étant qu’une espèce de prison où s’entredéchirent les clandestins aux coutumes souvent incompatibles entre elles.

Aussi, Mohamed qui n’entend pas faire ami-ami avec n’importe qui, passe ses nerfs sur ses geôliers. Parmi ceux-ci, il y a tout de même « une fille qui [lui] plaît bien ». On aborde le deuxième chef de prévention. Le 25 mars, elle se trouve seule avec lui dans un couloir, il la coince, retire son masque, s’approche « à dix centimètres » de son visage et la touche : « Si la caméra n’était pas allumée, je vous embrasserais », lui dit-il. Elle le repousse.

(…) Les débats se concentrent maintenant sur les menaces envers sept agents. Florilège non-exhaustif : « Je vais te tabasser, fils de pute » ; « je te démolis, si je veux » ; « me tourne pas le dos quand t’es en civil car je te démonte » ; « je vais t’enfoncer un balai dans le cul », le tout en présence des co-retenus qu’il appelle à la révolte. Parfois, il agrippe le col ou la manche d’une veste de fonctionnaires, ne les lâche qu’une fois maîtrisé.

(…) « Ce monsieur fait tout pour que les autorités françaises n’aient pas envie de le garder », résume le procureur Éric de Valroger. « Il est constamment en opposition et irrespectueux des lois », ajoute-t-il avant de requérir une année de prison, dont moitié ferme, un mandat de dépôt immédiat et son inscription au Fijais (Fichier d’auteurs d’infractions sexuelles et violentes). Enfin, il suggère une interdiction du territoire jusqu’en 2032.

(…) Mohamed hurle : « Je n’irai pas en prison ! Jamais ! C’est compris ? » Il se roule en boule sur son banc, pleure et crie : « Je vais devenir fou. Je l’étais déjà au dépôt, je ne supporterai pas. Putain, la farce ! Qu’ils m’emmènent de force, je ne les suivrai pas ! »

(…) Actu-juridique.fr

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