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Les proches de l’enseignant, assassiné il y a un an et demi par un jihadiste tchétchène au collège de Conflans-Sainte-Honorine, témoignent ensemble pour la première fois et déposent plainte contre les pouvoirs publics.

(…) Durant cette ascèse, les Paty ont senti poindre une forme de désespoir, «une rage» dit même Mickaëlle, 44 ans, la benjamine du clan : «Quand on met bout à bout les déclarations des ministres et des différentes autorités, la dialectique qui apparaît est saisissante. L’Etat n’a pas failli, jamais. Finalement, si Samuel est mort, c’est presque une fatalité. Comme si rien ne pouvait l’empêcher. Or, nous, nous pensons qu’il aurait dû être mieux protégé et que des fautes impardonnables ont été commises.»

(…) Une grande partie de son temps libre est désormais consacrée au suivi du dossier, aux échanges avec l’avocate de la famille, Virginie Le Roy, ainsi qu’à des lectures politiques et sociologiques. «Ce qui est insupportable, c’est qu’à les entendre, on dirait que mon frère n’est pas une victime du terrorisme islamiste. Durant la fameuse polémique qui a précédé le 16 octobre, notamment le fait qu’il aurait incité les élèves musulmans à sortir au moment de la diffusion des caricatures [du prophète des musulmans, Mahomet], le premier réflexe n’a pas été de chercher à le protéger. On lui a d’abord demandé d’éteindre l’incendie, de s’excuser. Pourtant, il n’a fait qu’appliquer le programme puisque l’enseignement des caricatures en fait partie. Il n’empêche, l’Education nationale ne l’a pas soutenu. Au fond, c’est comme si Samuel était responsable de sa mort», poursuit Mickaëlle, à vif.

Elle aussi nous a fait parvenir quelques mots fixant sa pensée : «A vouloir impérativement régir l’ordre social qui se pratique sur le terrain par du “pas de vaguisme”, par des accommodements dits “raisonnables” et à coups d’antiracisme dévoyé, l’Etat en finit par sacrifier l’ordre public notamment en termes de morale, de sécurité et de paix publique […] Eriger mon frère au grade de héros implique la hauteur de son sacrifice à la nation. Mon frère ne s’est pas sacrifié, il a été sacrifié par tous ceux qui pouvaient et auraient dû le protéger.»

(…) Libération

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