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À quelques mois de l’élection présidentielle, le journaliste Arthur Frayer-Laleix publie Et les Blancs sont partis, résultat de dix années de reportage dans les banlieues françaises pour Le MondeZadig et Street Press. Un livre au plus près du terrain, qui a pour ambition de raconter les fractures de notre société, pour mieux les soigner. Il déplore les récupérations d’extrême droite et les difficultés de la gauche traditionnelle à aborder le sujet.

Votre immersion dans une prison, comme surveillant, il y a dix ans, a été le point de départ de votre enquête. Pourquoi ?

Les prisons sont remplies en grande majorité par des jeunes garçons, de 18-25 ans, qui viennent des quartiers défavorisés. Lors d’un reportage, j’ai rencontré d’anciens détenus d’une prison à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. L’un y avait retrouvé un copain de CM2. L’autre, un ancien camarade de prison de son frère. En banlieue, tout le monde ne va pas en prison, mais la plupart y ont des amis, des voisins ou des connaissances. J’ai tenté d’aborder la fracture sociale et ethnique. Car si on casse les ghettos, dont les conditions socio-économiques sont très dures, on aura moins d’incarcérations de mecs de quartier.

Qu’est-ce que la « ségrégation sociale » que vous décrivez dans votre livre ?

Pour simplifier, il s’agit du fait qu’on ait séparé les gens en fonction de leurs couleurs de peau ou origine. Par le reportage, le constat est simple à faire. La République dit qu’elle ne fait pas de distinction selon les origines. Mais dans certains collèges, il n’y a quasiment pas un enfant blanc. Les habitants des quartiers le déplorent aussi. Le titre du livre, Et les blancs sont partis, est une citation de Sénégalais et Maliens qui s’en plaignent.

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À quelques mois de l’élection présidentielle, le journaliste Arthur Frayer-Laleix publie Et les Blancs sont partis, résultat de dix années de reportage dans les banlieues françaises pour Le MondeZadig et Street Press. Un livre au plus près du terrain, qui a pour ambition de raconter les fractures de notre société, pour mieux les soigner. Il déplore les récupérations d’extrême droite et les difficultés de la gauche traditionnelle à aborder le sujet.

Votre immersion dans une prison, comme surveillant, il y a dix ans, a été le point de départ de votre enquête. Pourquoi ?

Les prisons sont remplies en grande majorité par des jeunes garçons, de 18-25 ans, qui viennent des quartiers défavorisés. Lors d’un reportage, j’ai rencontré d’anciens détenus d’une prison à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. L’un y avait retrouvé un copain de CM2. L’autre, un ancien camarade de prison de son frère. En banlieue, tout le monde ne va pas en prison, mais la plupart y ont des amis, des voisins ou des connaissances. J’ai tenté d’aborder la fracture sociale et ethnique. Car si on casse les ghettos, dont les conditions socio-économiques sont très dures, on aura moins d’incarcérations de mecs de quartier.

Qu’est-ce que la « ségrégation sociale » que vous décrivez dans votre livre ?

Pour simplifier, il s’agit du fait qu’on ait séparé les gens en fonction de leurs couleurs de peau ou origine. Par le reportage, le constat est simple à faire. La République dit qu’elle ne fait pas de distinction selon les origines. Mais dans certains collèges, il n’y a quasiment pas un enfant blanc. Les habitants des quartiers le déplorent aussi. Le titre du livre, Et les blancs sont partis, est une citation de Sénégalais et Maliens qui s’en plaignent.

« Un travail de longue haleine des associations »

L’État a séparé les individus selon leurs origines ?

C’est principalement à cause de l’attribution des logements sociaux par les bailleurs sociaux et les pouvoirs publics, lors des commissions d’attribution de logement. Selon la consonance d’un nom, il peut être simple de connaître l’origine de la personne. En théorie, il est interdit d’attribuer un logement selon la couleur de peau. Dais les faits, c’est largement pratiqué comme l’ont montré des travaux d’universitaires. Dans les tribunaux, des associations comme SOS Racisme font un travail de longue haleine en attaquant des bailleurs sociaux et agents immobiliers ayant des pratiques discriminatoires. On se retrouve donc avec des quartiers très concentrés.

Vous décrivez aussi une logique de solidarité entre habitants.

Souvent, les gens arrivent d’un même pays, parfois d’une même région. En arrivant en France, ils vont essayer de trouver des personnes dont ils se sentent proches, qui vont pouvoir les aider. Les Bretons, par exemple, l’ont fait très naturellement au XXe siècle dans le quartier de Montparnasse. Aujourd’hui, on a simplement changé d’échelle.

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Vous employez le mot solidarité, là où l’extrême droite parle de communautarisme…

L’extrême droite a calqué un discours très simpliste sur la vie dans les quartiers. En partant parfois de faits réels, comme la ghettoïsation ethnique, mais en donnant des causes farfelues et fausses. Elle tente d’imposer l’idée que les gens d’une même origine sont dans un même quartier car ils ne veulent pas se mélanger au reste de la population française. C’est faux. Par contre, il y a des logiques de communauté et d’entraide. L’extrême droite développe une rhétorique raciste et xénophobe sur ces questions. En face, la gauche est hélas inaudible.

[…] Aux États-Unis, l’extrême droite ne parle pas de la surreprésentation des Noirs dans les prisons. […]

Ouest-France


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