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Versailles est désorientée. Pour la première fois depuis sa livraison au Roi Louis XV en 1754, l’horloge astronomique, conçue par Claude-Siméon Passemant, a quitté le cabinet de la Pendule auquel elle a donné son nom. La restauration a pour but de la programmer jusqu’à la dernière seconde du centième siècle. Située au premier étage dans le Petit Appartement du roi occupé par Louis XV, dit le « Bien-Aimé », la pendule reposait sur un pied de marbre blanc pour éviter toutes vibrations. Mais victime de son mécanisme encrassé, d’arrêts ponctuels et de son écrin de bronze abîmé, son rétablissement est devenu nécessaire. La pendule est en réparation au Centre de recherche et de restauration des musées de France. L’objet sera prêt à affronter huit millénaires encore et sera à jour jusqu’en l’an 9999.

Un résultat unique au monde pour le XVIIIe siècle. Les quatre aiguilles du cadran en porcelaine donnent la date exacte : jour, mois et année, en prenant en compte les années bissextiles. Surplombant l’ensemble, l’horloge repose sous un globe terrestre capable de décliner les 29 phases lunaires du thème astral. Enfin et non des moindres, la pendule peut préciser si une éclipse est partielle ou totale. Et ce, sur un fond bleu-roi représentant un ciel étoilé. Un travail d’orfèvre qui va être reprogrammé huit millénaires durant.

Démonter ce mécanisme est une première mondiale. Réunissant une vingtaine de spécialistes du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), la pendule astronomique séjournera provisoirement durant une année dans le pavillon de Flore du Louvre, jusqu’à son retour au château pour de nombreux siècles. Les minutieuses mains procéderont en deux temps. Le premier concernera la remise à niveau du système horloger, et le second, la remise en forme de l’écrin de bronze abîmé de ses 267 années passées.  […]

Le Figaro

L’ingénieur Claude-Siméon Passemant conçoit le mécanisme de la pendule. Il faut à l’horloger Louis Dauthiau une douzaine d’années pour le fabriquer. La pendule est présentée à l’Académie royale des sciences le 23 août 1749. Le 7 septembre 1750, au château de Choisy-le-Roi, le duc de Chaulnes la montre à Louis XV. Féru de sciences, le monarque l’acquiert. Pour protéger le mécanisme, un coffre rocaille est commandé en 1753 au sculpteur Jacques Caffieri et à son fils Philippe, bronzier.

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