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Auteur prolifique et pourtant rare en France, John McWhorter est l’une des figures les plus provocatrices d’une génération d’intellectuels noirs américains qui, à l’instar de Thomas Chatterton Williams ou Coleman Hugues, s’opposent au wokisme. Professeur de linguistique et civilisation américaine à Columbia University, ce spécialiste des cultures créoles est l’une des rares signatures se revendiquant de gauche à critiquer “la troisième vague antiraciste” et la cancel culture dans les colonnes du New York Times. Accueilli tièdement par le quotidien dont il a néanmoins fait bouger les lignes, étrillé par le Washington Post et salué par le Wall Street Journal, son dernier livre, Woke Racism, How a New Religion Has Betrayed Black America (Portfolio), ou “Racisme woke : Comment une nouvelle religion a trahi l’Amérique noire”, est devenu un best-seller dès sa parution. McWhorter y dénonce les nouveaux antiracistes – les très populaires Ibram X. Kendi et Robin DiAngelo en tête – qui dit-il, sont devenus un “clergé” à combattre.  

En recevant L’Express en exclusivité à New York, John McWhorter a tenu à délivrer un message : face aux adeptes du wokisme, qui ont peut-être, dit-il, déjà pris les rênes de l’éducation aux Etats-Unis, la France n’est pas naturellement protégée et doit réagir plus vigoureusement. Sinon, dit-il, ses enfants seront entrainés vers un nouveau monde “insensé”, entièrement reconstruit sur l’idée raciale. 

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Le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, a donné dix millions de dollars en août 2020 à Ibrahm X. Kendi pour son Centre pour la recherche antiraciste au sein de l’Université de Boston, et la Fondation McArthur vient de le récompenser de son “Genius grant”, 625 000 dollars, pour son “exceptionnelle créativité” et son “don pour communiquer son travail antiraciste” promettant de “bénéficier à la société” : comment lutter face à de tels soutiens ? 

Notre force, la mienne peut-être parce que je suis universitaire mais aussi noir, celle de beaucoup de Noirs, et de tous ceux qui s’opposent à cette folie, c’est notre rapport au monde. Eux ne cherchent pas la discussion mais la conversion. Il faut les contourner. Comme je l’écris, parfois il suffit d’asséner un bon coup sur le nez d’un requin qui vous approche de trop près. Prenez votre liberté d’expression à bras-le-corps. 

Entretien intégral disponible gratuitement sur L’Express


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