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Installée à Washington en tant que directrice Afrique du think tank Atlantic Council, elle ne perd pas de vue les enjeux et jeux de pouvoir de l’Hexagone, et n’exclut pas de se remonter sur le ring politique. Candidature de Zemmour, migrations, islam, rapport de la France à l’Afrique… Rama Yade revient pour Jeune Afrique sur les débats qui animent la campagne présidentielle française.

Rama Yade : Le « grand remplacement » n’existe pas. Qui représenterait la menace ? Les Africains ? On sait que l’Afrique est sous-peuplée et que les Africains migrent d’abord chez eux, à 60 % dans les pays voisins sur le continent. Ce sont des données réelles, mais cela fait trente ans qu’on répète l’inverse. À partir de ces mensonges, on élit des gens, on change la vie politique française et le destin du pays. (…)

Des histrions médiatiques font passer les Français pour des racistes. Ce décalage, entretenu par des idées rances, affaiblit notre pays sur la scène internationale. La France n’est pas seulement la cinquième puissance mondiale nucléaire, c’est son rayonnement culturel et la force de ses idées qui lui valent sa singularité. (…)

On nous dit de ne pas mélanger mémoire et Histoire, mais ce n’est pas l’Histoire qui a amené Colbert devant l’Assemblée, c’est une décision politique. L’enlever, c’est reconnaître le rôle de la France et de ses grands hommes dans un crime abominable. (…)

En matière de laïcité, la France devrait s’inspirer du Sénégal. Dans une même famille, on peut y trouver un curé et un imam, dans un même pays un président catholique et une population majoritairement musulmane. (…)

J’observe aussi que la fameuse grandeur de la France, sa singularité, la France la tient surtout de cette influence en Afrique.

Jeune Afrique


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