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Oui, régulièrement, depuis 2016, depuis le démantèlement de la Jungle de Calais et la répartition à travers le pays, sous l’autorité de Bernard Cazeneuve, dans différents centres d’hébergements, de quelques 8000 réfugiés… régulièrement, donc, j’appelle quelques préfets, élus locaux de tous bords, des responsables associatifs pour savoir comment se passe la cohabitation entre les habitants des bourgs, des villes moyennes et les migrants (en moyenne 50 par centre ou répartis en logements individuels, beaucoup de familles) accompagnés par un réseau associatif en contrat avec l’État et les collectivités locales.

Eh bien cette année, comme les années précédentes, du point de vue de l’acceptation sociale, tout se passe bien. Très bien ! Depuis 2016 la capacité est de 110.000 places pour des migrants fraichement arrivés, disséminés à 60% en dehors de l’Ile de France. Et c’est là que ça se passe le mieux ! Chaque préfet ou élu local regorge d’exemples d’expériences d’intégration et de solidarité, d’écoles rouvertes et d’emplois pourvus. Parfois une très courte période d’inquiétude populaire à l’annonce de la reconversion d’anciens locaux collectifs en centre d’hébergement mais ça ne dure pas. Des enfants sont scolarisés, des jeunes sont en formation, passent des diplômes, des adultes trouvent du travail, une utilité sociale. Une vie s’organise sans heurts. Il y a, spontanément de nombreux volontaires pour l’insertion, l’alphabétisation des migrants. Hallucination d’éditorialiste bobo, bienpensant ? Non, froid (ou plutôt le chaud) constat des acteurs qui organisent ce vaste programme d’accueil. D’ailleurs, en quittant les écrans des chaines boloréïsées, en parcourant plutôt les pages des quotidiens régionaux, donc en s’attachant aux récits du terrain plutôt qu’aux coups de gueule de plateaux, on a, tous les jours, les détails de cette réussite.   

Mais le débat politique ne reflète pas cette réalité !  

Non, ces nouvelles ne sont pas assez spectaculaires ni génératrices de clics pour retenir l’attention du débat. C’est une réalité de bas bruit, pas traduisible en clashs tweet ou en bandeaux d’écrans. On opposera à ces vérités de terrains quelques radicalisés ou déséquilibrés. On y opposera aussi les images de misères de la porte de La Chapelle à Paris. Mais dans la capitale, en plus des classiques Secours Catholiques et Populaires, de nouvelles associations fleurissent, comme Utopia56, qui, parfois en marge des circuits officiels, se démènent pour trouver des volontaires pour accueillir une nuit, des familles de migrants sans toits. Et ils en trouvent ! Beaucoup !

Des milliers de bénévoles, partout en France, démentent la grande image terrifiante et terrifiée d’un pays au bord de la guerre civile, déstabilisée par une supposée submersion migratoire hostile. L’immigration illégale, incontrôlée n’est pas sans conséquences sociales ou sécuritaires, à la lisière nord de Paris et en proche banlieue mais les résultats humains de la politique de répartition des migrants et l’action associative, à travers la France, prouvent que le pays peut très bien prendre sa part sans s’autodétruire comme le ton dominant de la campagne le suggère.   

L’édito politique de Thomas Legrand, le 7-9 de France Inter

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