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Sans crier gare et sans avertir personne, le ministre de l’Intérieur, chargé des cultes, vient de dégoupiller une bombe inédite dans l’organisation de l’islam de France. Il vient de décréter ni plus ni moins la mort du Conseil français du culte musulman, organe officiel chargé d’organiser les relations entre les pouvoirs publics et les représentants du culte musulman en France. Cette démarche a une allure du fait du prince qui décrète de manière autoritaire ce qui est viable et ce qui ne l’est pas.

Prenant un prétexte erroné selon lequel certaines organisations formant le CFCM auraient rechigné à signer la charte des valeurs de la république, voulue par le président Emmanuel Macron, Gérald Darmanin vient de déclarer caduc l’ensemble de l’échafaudage institutionnel voulu par les autorités depuis de nombreuses années.

Incompréhensions des acteurs religieux

Outre que cette décision du ministre Darmanin est tombée comme un cheveu sur la soupe, provoquant interrogations et incompréhensions dans les rangs de la plupart des acteurs agissant dans ce domaine, le ministre de l’Intérieur lui donne une étrange justification, laquelle confrontée à la réalité des faits, montre sinon un double discours ou du moins une schizophrénie politique en la matière.

Gérald Darmanin justifie ce tournant et ces choix par la volonté du président de la république de mettre fin à ce qui est communément connue par l’appellation « Islam consulaire » porté par « les imams détachés » algériens (120), turcs (150) et marocains (0).  La dissémination d’un discours religieux incompatible avec les valeurs de la République est souvent attribuée à cet « islam consulaire », véhiculé par des imams ignorant les réalités sociologiques et politiques françaises.

Or depuis son arrivée place Beauvau, qui trouve-t-on dans le petit carnet du ministère de l’intérieur et des cultes ? Qui est devenu l’interlocuteur favori de la Place Beauvau qui murmure à l’oreille des conseillers du ministre ? Un certain Chemes eddine Hafiz, recteur de la mosquée de Paris. Et que vient faire récemment ce “recteur”, dont la légitimité est contestée et l’image trouble ? Il vient d’être reçu en grandes pompes à Alger par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

A l’issue de cette rencontre, tout émoustillé de l’honneur officiel qui lui a été fait, il s’est fendu  de déclarations aux médias algériens en présence du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmahdi, dans lesquelles il exprime sa fierté de porter en France les couleurs de l’islam algérien.

Selon un communiqué officiel relayé par la presse algérienne, le président algérien Abdelmajid Tebboune “a donné des orientations au premier responsable de la Mosquée de Paris pour poursuivre ses efforts et de hisser les performances de cette institution”.

Et Chems eddine Hafiz de rajouter une couche dans la soumission de la mosquée de Paris aux injonctions et souhaits d’Alger lorsqu’il affirme sans sourciller qu’il va appliquer la feuille de route d’Alger à l’islam de France et mobiliser la diaspora algérienne sur le plan politique, à la veille de l’élection présidentielle 2022.

Le ministre français de l’intérieur Gérald  Darmanin fait mine d’ignorer que l’homme chems eddine Hafiz  et l’institution qu’il dirige la mosquée de Paris incarnent à merveille cet islam consulaire  tant honni qu’il prétend combattre jusqu’à casser les institutions représentatives existantes. Il oublie une réalité statistique imparable, à savoir que la majorité des imams détachés actuels proviennent de l’Algérie et sont salariés de l’Etat algérien.

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L’article dans son intégralité sur Atlas Info


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