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Commencent alors les exécutions. Les terroristes marchent dans la fosse, armes vers le sol, et achèvent des blessés ou tuent des survivants des premières fusillades.

« Soit on partait et ils nous tuaient immédiatement, soit on attendait que peut-être ils nous tirent dessus… J’essayais de regarder, et à un moment, je vois un jeune homme se lever et dire : “Mais arrêtez, pourquoi vous faites ça ?” Le terroriste l’a tué. C’est une image qui, bon, m’a marqué. »

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Gaëlle se lève, seule. Arrivée à la barre, elle enlève son masque. La jeune femme de 40 ans évoque d’abord Matthieu, son compagnon, mort dans la fosse ce soir-là. Elle pleure, doucement.

Au cours de la fusillade, son bras droit, ainsi que la moitié de son visage ont été emportés par une balle de kalachnikov. Aujourd’hui, elle est « reconstruite » comme elle dit, un peu comme un patchwork. Sa mandibule a été remplacée par l’os de son péroné. De la peau de ses jambes a été utilisée pour reconstituer ses muqueuses. Son « bras de pirate », comme l’appelle son fils qui avait 7 ans au moment de l’attentat, est désormais articulé grâce à de l’os de sa hanche.

Elle pleure, toujours très doucement.

« Quand je me lave le visage, je me dis que je suis en train de laver ma jambe. »

Nouvel Obs

C’est l’ennemi qui vous désigne

Écoutez, Monsieur Hippolyte, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes.
Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes.
Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin.

Julien Freund


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