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« Ils ont attendu 11 jours. Ce n’est pas idiot. Ils ont attendu que ça se relâche un peu pour envoyer leurs kamikazes », explique Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements djihadistes. L’auteur de L’État islamique, le fait accompli raconte comment s’est formée Daech-K, la branche du groupe armé État islamique qui a revendiqué l’attentat qui a fait au moins 90 morts jeudi à l’aéroport de Kaboul, en Afghanistan.

Wassim Nasr mentionne que le groupe Daech-K (pour Khorasan, une région située aux confins de l’Iran, du Turkménistan et de l’Afghanistan) a « des moyens et des capacités ». Il ajoute que l’Organisation des Nations unies (ONU) estime que le groupe est constitué de quelques milliers d’individus.

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Frapper les Américains in extremis, avant qu’ils ne quittent l’Afghanistan. Narguer les talibans en prouvant qu’ils ne contrôlent pas Kaboul. L’État islamique – Province du Khorasan (EIPK), s’il est bien derrière l’attentat de jeudi 26 août, a réussi un tour de force : atteindre d’un coup plusieurs ennemis et rappeler qu’il faudra compter avec lui.

Derrière l’EIPK se cachent, à l’origine, une poignée d’ex-cadres des talibans afghans et du Tehrik-e-Taliban, faction « cousine » des régions tribales pakistanaises. En 2014, ils prêtent allégeance à l’Irakien Abou Bakr al-Baghdadi, autoproclamé calife du tout nouvel État islamique à Mossoul.

Des divergences idéologiques et religieuses

Dès janvier 2015, l’EI leur accorde son label et « crée » la province de Khorasan, ancien nom d’une région qui s’étend de l’Iran au Pakistan et à l’Asie centrale. L’opportuniste EI est trop heureux de rayonner au-delà du Levant. Mais entre la maison mère et sa « filiale », il semble y avoir eu peu de coordination opérationnelle, hormis l’échange de recettes de communication et l’envoi de dollars.

Pour les spécialistes du djihadisme, il existe des divergences idéologiques et religieuses entre l’EIPK, converti au salafisme et internationaliste, et les talibans nationalistes, adeptes d’un islam hanéfite traditionnel. Mais le divorce entre ces descendants du djihad contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan(1979-1989) résulte aussi de fâcherie « familiale ».

Abdul Rauf Khadem, cofondateur de l’EIPK, est un dirigeant taliban important, promu numéro 2 de la hiérarchie militaire à son retour de Guantánamo (Cuba), où les Américains l’ont détenu. Des querelles tribales le marginalisent et, en 2013, il est exclu par les talibans à cause d’enlèvements et d’extorsions contraires à la doctrine. Il meurt tué par un drone en février 2015, comme plusieurs chefs successifs.

Ouest-France / Radio-Canada


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