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« Esclavagisme » : Mis en cause par Fatima, une salariée marocaine soutenue par la CGT, les fraisiculteurs contre-attaquent (MàJ)

07/08/2021

Fatima, 44 ans, ramassait des fraises dans une exploitation agricole en contrebas du village. Selon son témoignage recueilli par des militants locaux de la CGT du bâtiment, elle aurait été privée de son passeport, devait travailler sept jours sur sept jusqu’à soixante heures par semaine et faisait l’objet de brimades. Au lendemain des fêtes de l’Aïd, cette travailleuse saisonnière arrivée le 22 avril à l’aéroport de Toulouse-Blagnac avec douze autres femmes et deux hommes de l’ancienne province de Ouarzazate, au Maroc, décide de ne pas reprendre le travail et trouve refuge chez des membres de sa famille, dans la région toulousaine. Avant d’aller porter plainte. L’union locale de la CGT de l’Agenais décide alors de médiatiser l’affaire en dénonçant un «esclavagisme moderne».

[…]

«Tovo a commis l’erreur de faire travailler des Marocaines», commente le président de la chambre d’agriculture, Serge Bousquet-Cassagne. Il est persuadé que Fatima a fait défection pour rester en France. «Elles préfèrent rester clandestinement en France que retourner au bled», croit savoir cette grande gueule de la Coordination rurale.

Pour éviter ça, les serristes espagnols qui font aussi appel à la main-d’œuvre du Maroc sélectionnent des jeunes femmes avec enfants, afin de s’assurer qu’elles rentrent au pays à la fin de leur contrat, explique Chadia Arab, géographe au CNRS qui a consacré un ouvrage au sujet. Ce n’était pas le cas de Fatima, célibataire selon nos informations. En France, la FNSEA a en quelque sorte le «monopole» des visas d’immigration pour les contrats de saisonniers agricoles visés par l’OMI (Office des migrations internationales) depuis le début de la crise du Covid. Dans le Lot-et-Garonne, 600 contrats OMI ont été affectés aux exploitations agricoles depuis le début de l’année et 600 autres sont attendus.

Libération


02/08/2021

Mis en cause par une salariée marocaine soutenue par la CGT, Arielle Pianegonda et Éric Tovo, soutenus par la FDSEA, ont organisé ce samedi une rencontre sur leur exploitation

On travaille le samedi matin. Pas le dimanche. Pour les faire venir, on a payé les billets d’avion, les formalités administratives et sanitaires liées au Covid. Nous avons 6.000 euros bloqués en avoir chez Air Arabia suite à l’annulation de leur vol initial. Il a fallu racheter des billets derrière. Et c’est bien à cause de la pandémie qu’elles ne sont pas sorties de l’exploitation pendant le confinement. Si l’une d’elles avait été contaminée, tout aurait été foutu. Les contraintes levées, elles sortent quand elles veulent, vont à Agen, visitent, sont invités chez Aziza, notre salariée qui les a recrutées. Certaines sont même allées au Stelsia. »

« De la manipulation »

Et les agriculteurs de rappeler l’ambiance joyeusement festive de la soirée de la fin de l’Aïd, photos et vidéos à l’appui. C’est après cette réunion, à laquelle des relations des Tayracais ont participé que la plaignante est partie. « Elle s’est bien amusée. Une voiture est venue la chercher à trois heures du matin. Elle est partie en oubliant son passeport. Nous les gardons à la demande des salariés et pour satisfaire les démarches régulières. Les passeports sont à leur disposition. Cette dame est partie parce qu’elle ne veut pas rentrer dans son pays d’origine. Nous avons signalé son départ à la gendarmerie. C’est gravissime. La CGT est victime d’une manipulation dont elle n’a pas conscience. »

À la question de savoir si elles voulaient revenir travailler sur l’exploitation l’an prochain, toutes ont envoyé des réponses affirmatives par des mouvements de bras et des sourires francs. Une réaction éloignée du calvaire décrit par l’une d’entre elles qui a pris la fuite le 21 juillet. Cette Marocaine, arrivée avec 15 autres femmes de la province de Tinghir, pour ramasser les fraises sur l’exploitation agricole d’Arielle Pianegonda et Éric Tovo à Tayrac, a dénoncé depuis ses conditions de travail.”

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Sud-Ouest


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