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La sortie du livre de Mila Je suis le prix de votre liberté la semaine dernière a coïncidé avec le procès de treize des dizaines de milliers d’individus qui depuis janvier 2020 lui promettent l’acide, le viol et la mort pour avoir insulté la religion musulmane et remis au centre de la scène la jeune fille déscolarisée et interdite de vie sociale pour cause de menace aujourd’hui âgée de 18 ans. 

Cette même semaine, Arte a diffusé le documentaire “#Sale pute” réalisé par les journalistes et militantes Florence Hainault et Myriam Leroy consacré au cyber-harcèlement contre les femmes dans lequel Mila ne figure pas et, toujours cette semaine, jeudi dernier, l’une des femmes interviewée dans ce documentaire, la journaliste Lauren Bastide, publiait sur Instagram un post annonçant qu’elle refusait de soutenir publiquement Mila qu’elle considère comme islamophobe et dénonçait la récupération de la jeune fille par l’extrême-droite. Hier enfin ce samedi, durant ce que l’on appelait autrefois la “gay pride” et aujourd’hui la marche des fiertés, signe que l’on n’est plus là pour rigoler du tout, quelques incidents et agressions ont eu lieu à Metz et Paris, quand des trans, dans un cas et un groupe de maghrébins LGBTQ dans l’autre s’en sont pris à des manifestants affichant leur soutien à Mila. 

Étrangement, Mila devenue figure clivante du nouveau paysage culturel et médiatique, se situe de façon complexe au centre  de plusieurs questions centrales, “au cœur de la colère du pays”, comme elle l’écrit elle-même au début de son livre. Pourquoi se distingue-t-elle ainsi des autres femmes harcelées ? Y a-t-il une spécificité Mila ? Quelle nouveau type de culture incarne-t-elle ?

Aucune des deux cinéastes du documentaire [« Sale Pute »] n’a voulu venir parce qu’elle trouve « le livre de Mila malaisant sur la question de l’islam » (…) elles considèrent que Mila est au mieux, au minimum, récupérée par l’extrême-droite, donc il est impossible de la défendre publiquement.

A 40’25 de l’émission.
[Au procès de Mila] on a vu tout, sauf des musulmans militants, ou en tout cas, pas clairement militants parmi les 13 prévenus.

Marc Weitzmann, 20’25.

Extraits du livre de Mila lus par Marc Weitzman, à 37’30 :

« Miskina, elle est pas halal »
« Wallah, les lesbiennes. » Un jour, des mecs ont essayé de me convaincre que l’homosexualité, c’était mal.
« Wallah, nique ta mère » était le cri qu’une bande de jeunes aimait pousser lorsque je passais devant eux avec ma copine. Il fallait toujours que je garde mon sang-froid lorsque je les croisais.
(…) L’un d’eux m’a même demandé de ne plus me montrer au lycée avec ma copine car c’était « haram ».
Ces jeunes viennent de familles très pratiquantes et fermées, ils sont endoctrinés. Ils ont été élevés dans la haine des homosexuels, des juifs, des apostats, des femmes et des mécréants.

France Culture


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