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Le terme « épigénétique » désigne des modifications n’affectant pas les séquences d’ADN – comme le font les mutations – mais influant sur l’activité des gènes. Ces modifications sont induites par l’environnement, en réponse à divers signaux. Concrètement, les modifications épigénétiques sont des modifications biochimiques de l’ADN ou des protéines autour desquelles il s’enroule dans le noyau des cellules (les histones).

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Contrairement aux mutations, qui altèrent la séquence de la molécule d’ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles. Mais comme les mutations, elles peuvent être transmises lors des divisions cellulaires, et donc passer à la descendance. Complémentaires au lent processus de sélection des gènes, ces mécanismes épigénétiques permettent de répondre aux changements de l’environnement au sens large – qu’il s’agisse du climat, de l’alimentation, du tabagisme… ou encore d’un contexte social négatif. Des événements de vie négatifs peuvent altérer durablement l’expression de certains gènes, et partant susciter des problèmes de santé physique ou psychique.

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De ce point de vue, il convient toutefois de noter qu’au moins chez l’animal, les modifications épigénétiques liées à un stress juvénile sont potentiellement réversibles. Un ajustement du contexte permettrait en effet de les atténuer, voire de les rectifier : ainsi, un environnement riche et stimulant (sur les plans affectif, cognitif, et relationnel) au moment de la puberté pourrait contrebalancer chez l’adulte les effets négatifs d’une privation de soins maternels pendant les premiers jours de vie. La grande plasticité des empreintes épigénétiques et leur sensibilité aux conditions environnementales donnent aussi une assise biologique à l’idée que rien n’est jamais définitivement fixé. À cet égard, des études menées chez l’humain tendent à prouver que la psychothérapie constitue une forme de régulation environnementale favorable.

The Conversation


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