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Les chrétiens, nouvelle cible ?

«Qu’un prêtre soit directement pris pour cible est un signe très préoccupant», s’alarme Thomas Oswald, journaliste à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), dont l’organisation se dit «très inquiète» pour l’avenir des chrétiens dans la région. Si les rapts sont monnaie courante au Mali, l’attaque directe et ostensible de fidèles catholiques n’avait pas été vue depuis 2012, lorsque les djihadistes avaient pris le contrôle d’une partie du nord malien. Des églises avaient alors été brûlées, une croix décapitée dans la ville de Gao, et de nombreux chrétiens contraints de fuir. «Le vivre ensemble qui existait avant 2012 a disparu», déplore le journaliste de l’AED. Le 5 juin dernier, le journaliste Wassim Nasr alertait sur l’assassinat de cinq chrétiens sur la route entre le Mali et le Niger, une attaque cette fois-ci revendiquée par l’État islamique.

Une nouvelle tendance visant les fidèles chrétiens? Au Burkina Faso voisin, cela fait depuis 2015 déjà que l’Église s’alarme de massacres de fondamentalistes contre les fidèles pour leur foi. Récemment encore, au mois de janvier, un prêtre avait été retrouvé mort trois jours après sa disparition dans le sud-ouest du pays, région en proie aux groupes terroristes. À tel point que l’évêque de Dori, Mgr Dabiré, alertait dans les pages de l’AED en 2019 du risque d’«élimination de la présence chrétienne de cette région, et peut-être aussi, à l’avenir, de l’ensemble du pays».

«Les attaques sont rarement revendiquées et les groupes armés foisonnent, il est donc difficile de savoir exactement si ces personnes sont réellement ciblées pour leur foi», nuance de son côté le spécialiste Wassim Nasr, soulignant une politique différente au sein même des groupes djihadistes. «Tandis que l’État islamique cible clairement les chrétiens, il réside une ambiguïté du côté d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)». De son côté, l’organisation de défense des chrétiens Open Doors a décompté depuis le début de l’année 28 chrétiens tués en raison de leur foi au Mali, et 32 au Burkina Faso.

Le Figaro


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