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Suppression de postes et de jours de congés, salaires insuffisants pour vivre dans la capitale… Les jardiniers et jardinières de Paris, principaux artisans de la «végétalisation» de la ville, qu’Anne Hidalgo n’a de cesse de vanter, dénoncent des conditions de travail dégradées. Reporterre a rencontré trois agents. Ils témoignent.

  • Paris, reportage

«Les plantes du jardin où je bosse sont dures au mal : elles arrivent à pousser au-dessus du périph’, dans quarante centimètres de terre», s’émerveille Adèle Tellez, jardinière à la ville de Paris. La jeune femme déambule au milieu des lauriers-cerises, des lilas, des troènes et des arbres à perruques, les végétaux endémiques d’Île-de-France qui composent le jardin Serge Gainsbourg, porte des Lilas. Les bourgeons éclosent. «Aujourd’hui, elles me disent que c’est bientôt le printemps», se réjouit-elle. Des promeneurs slaloment entre les bacs de jardinage où des riverains font pousser des légumes et des fleurs. Les enfants rayonnent sur les aires de jeu, pendant que le soleil joue à cache-cache avec les immeubles. Au Nord, un belvédère surplombe le ruban gris du périphérique, où les voitures se suivent en file indienne….

Au terme du premier mandat d’Anne Hidalgo (Parti socialiste), de 2014 à 2020, la mairie se targue d’avoir «multiplié les espaces verts dans tous les quartiers». Elle affirme avoir ouvert «trente hectares supplémentaires de parcs et jardins», en créant trente-six nouveaux jardins publics et en agrandissant onze parcs existants. «Sur le papier, la politique de la mairie est réjouissante, mais le nombre de jardiniers n’augmente pas pour la mettre en œuvre», déplore Lubin….

Ces baisses d’effectifs sont «subies» et non une décision de la Ville, se défend la mairie, qui met en avant «des difficultés à recruter des jardiniers». Pour Adèle Tellez, ces problèmes de recrutement ne sont «pas étonnants vu la faiblesse des salaires». Après dix-sept ans au service de la mairie, Sébastien gagne 1.620 euros net et vit dans un petit appartement de dix-sept m2 depuis treize ans : «Je ne suis pas pauvre, mais ce n’est pas non plus la fête. Disons qu’il ne faut pas avoir de galères, et ne pas faire de plans trop ambitieux pour les vacances», soupire cet homme de trente-huit ans. Le weekend, Lubin, Adèle et Sébastien assurent des permanences «poubelles et papiers», payées en heures supplémentaire, pour augmenter leurs revenus. Elles consistent à ouvrir les jardins le dimanche, les nettoyer et vider les poubelles et permettent de «bouffer autre chose que des kilos de pâtes», dit Lubin….

Reporterre

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