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Pour Nacira Guénif-Souilamas, sociologue, Experice (Paris-VII – Paris-XIII), les violences et pillages perpétrés par les casseurs « lors du sacre du PSG » s’inscrivent dans une longue suite «d’épisodes émeutiers» qui ont ponctué la vie de la capitale.

Sauf qu’on en vient à se demander pourquoi les séquences émeutières, dès lors qu’elles se déroulent à Paris, sont requalifiées de débordement et imputées à des casseurs – pilleurs. […]

Ce ne serait pas la première fois que les suspects d’un jour deviennent, le lendemain, les précurseurs d’un changement auquel il faut se rallier.

«Soit par Issy, soit par Ivry», chantait Serge Reggiani en suivant la trace des loups. Certains qualifieraient sans sourciller de «meute» les émeutiers de lundi lors du sacre du PSG, pour définitivement disqualifier leurs actes et leurs intentions. Sauf qu’il serait temps de les suivre à la trace pour savoir d’où ils viennent, ces émeutiers-là, et en tirer quelque leçon édifiante. Sauf que les mobiles des forces invitantes laissent perplexe : faire la fête un lendemain de victoire d’un club de football «pété de thunes», comme disent volontiers ses supporteurs et ses détracteurs, est-ce bien décent en temps de précarisation massive et de défiance politique ?

Bien des épisodes émeutiers, glorieux ou honteux, émaillent depuis longtemps la vie de la capitale et ont contribué à sa postérité. Au fil de ses changements d’identité, royale, absolutiste, sans-culotte, révolutionnaire, terrorisée, thermidorienne, républicaine, impériale, restauratrice, re-révolutionnaire, re-re-révolutionnaire, re-républicaine, re-impériale, communarde, antisémite, vychiste, résistante, Algérie-française, soixante-huitarde, et j’en oublie, Paris a toujours été investi et traversé par des vagues émeutières, transformé par leur verbe et leur résolution, plus ou moins favorables à la démocratie. […]

Libération

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