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Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire au collège de Conflans Sainte-Honorine, était décapité pour avoir défendu la liberté de caricaturer. Son meurtrier, un jeune Tchétchène né en Russie, bénéficiait d’un statut de réfugié en France par ses parents. La Tchétchénie n’est plus ce territoire aux confins de la Russie, ensanglanté par des guerres entre l’Armée Russe et les séparatistes islamistes dans les années 90. L’Islam en Russie, pays où domine largement l’Orthodoxie, est méconnu en Occident. Pourtant, la société russe a connu un contact prolongé avec cette religion de 1237 à 1480, pendant les deux siècles de domination tatare. Après la disparition de l’URSS, en 1991, de jeunes musulmans russes sont partis retrouver un Islam fondateur, où le religieux est indissociable de l’identité, dans les pays du Golfe Persique. Entre 17 et 20% de la population russe est musulmane et pratique un Islam principalement sunnite. Parmi ces 25 à 30 millions de musulmans vivant sur le territoire russe, beaucoup d’entre eux sont originaires des ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale. Ceux d’entre eux qui ont la citoyenneté russe viennent de deux régions, le Tatarstan et la Tchétchénie, tenue par une main de fer par Ramzan Kadyrov, qui se présente comme le fervent défenseur des musulmans wahhabites dans le Caucase. Vladimir Poutine a adopté à l’égard de l’Islam une attitude conciliante et a même inauguré, en 2015 à Moscou, la plus grande mosquée d’Europe. L’enquête de Vladimir Vasak et Elizaveta Zamyslova les a menés à la rencontre de ces Russes musulmans entre Moscou, Kazan au Tatarstan et Grozny en Tchétchénie.


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