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Encouragées par des associations franco-turques, les contestations des élèves et de leurs parents du génocide arménien sont de plus en plus fréquentes, pendant les cours et en dehors. Des enseignants témoignent de leurs difficultés et de leur malaise.

C’est une blague en salle des profs en début d’année : ‘Tu tiens bien ta classe? Eh bien, dans quelques jours c’est fini‘”, raconte Alexandre Mimouni, en poste dans un collège strasbourgeois. Peu après la rentrée, la Première Guerre mondiale est traitée en cours d’histoire en classe de troisième. L’extermination planifiée des Arméniens, commise par l’Empire ottoman en 1915, fait partie du programme et est fréquemment niée par des élèves d’origine turque et leurs parents. Plus d’un siècle après les faits, Ankara refuse toujours de reconnaître ce génocide. Cette remise en question en milieu scolaire s’inscrit dans un discours nationaliste turc qui inquiète les professeurs.

Une montée en puissance de la négation

Enseignant d’histoire-géo depuis vingt-trois ans, Alexandre Mimouni est habitué au déni de certains élèves et prépare avec soin le sujet afin de désamorcer les réactions possibles. Ce qui n’a pas empêché, un jour, un père de téléphoner à la cheffe d’établissement pour l’accuser “d’exciter tout le quartier depuis quinze jours avec ce soi-disant génocide” et la prévenir : “Sachez que ça suffit.” Depuis quelques années, il remarque “une montée en puissance de la négation, beaucoup plus virulente“.

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Le JDD


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