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Taquinerie ou reproche sérieux ? Les enseignants ne savent pas toujours comment réagir face à des élèves qui expriment leur malaise. Au risque du non-dit.

Petit à petit, pourtant, les langues se délient. Les souvenirs reviennent chez ces enseignants qui travaillent dans des quartiers métissés. En effet, il a pu arriver qu’un enfant les traite de raciste après une remarque ou une sanction. Souvent, l’épisode ne dure que quelques minutes. Un rappel à la discipline, et la réflexion jaillit, pleine de colère et de frustration : “Monsieur, vous me punissez parce que je suis Noir.”

Déjà, en 2008, selon l’enquête Trajectoires et origines de l’Ined, 2 fois plus d’élèves issus de l’immigration avaient le sentiment d’avoir été traités différemment des autres enfants en matière de discipline et de sanction (8%, contre 4 en moyenne) et 3 fois plus, à propos de la manière dont on s’adressait à eux (9,5%, contre 3%).  

Pourquoi ces jeunes se sentent-ils victimes de racisme au quotidien quand ceux qui font cours n’ont pas le sentiment de mal agir ? Geneviève le reconnaît, si elle a traversé vingt-cinq ans de carrière en région parisienne sans encombre, c’est sans doute parce qu’elle habitait le quartier où elle travaillait et portait le nom de son époux maghrébin. Ses élèves la considéraient comme “dans le même camp qu’eux“.

L’express


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