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Christelle Delarue, fondatrice de l’agence de publicité Mad&Women et ex-présidente de l’association les Lionnes, est accusée par plusieurs anciennes salariées de faits de harcèlement moral au travail, de remarques à caractère sexiste répétées ainsi que de “féminisme washing”.

Dans le cadre de l’essai Féminisme washing: quand les entreprises récupèrent la cause des femmes à paraître ce jeudi 4 mars au Seuil et pour Challenges.fr, la journaliste Léa Lejeune a recueilli huit témoignages écrits – dont six anonymes – qui rapportent des comportements toxiques à l’époque où Christelle Delarue dirigeait l’agence Mad&Woman, renommée par la suite Mad&Women. Les faits se déroulent entre 2013 et 2018, avant que l’agence ne soit revendue au groupe Altavia détenu par Raphaël Palti. Contactée en novembre 2020, l’ex-patronne d’agence nie la majorité des situations racontées par ses anciennes salariées ou précise qu’elle “ne se souvient pas”.

“J’essayais de ne pas trop pleurer au travail, mais c’était les montagnes russes. Je n’allais pas bien, je dormais peu, j’avais la boule au ventre tous les matins, je ne parlais que de ça à mes amis et à ma psy. J’ai demandé un mois d’arrêt de travail car je ne voulais pas y retourner”, raconte Pénélope Nicolleau, la gorge nouée. Cette jeune femme, qui souhaite aujourd’hui quitter la publicité, fait partie des cinq salariées qui disent avoir subi directement du harcèlement moral de la part de Christelle Delarue. Ces témoignages ont de quoi surprendre car la grande brune, trentenaire pimpante appréciée des médias, est une des figures du féminisme français. Le modèle de son agence Mad&Women reposait justement sur le fait de proposer une meilleure représentation des femmes dans la publicité, loin des clichés sexistes.

En 2019, elle a fondé l’association Les Lionnes dont la mission est de “protéger, défendre et promouvoir les femmes dans les entreprises de la pub et de la communication”. En prime, elle représente la France dans diverses organisations internationales. En somme, elle a bâti son CV sur la dénonciation des mauvais traitements subis par les femmes en entreprise…

Pourtant, les huit collaborateurs que nous avons rencontrés, dont sept jeunes femmes moins expérimentées, décrivent une atmosphère de travail tendue et un comportement cyclothymique de la patronne. “Un jour, elle arrivait en réunion avec un grand sourire, le lendemain en criant et en claquant les talons”, se souvient une des salariées. “Un jour, elle était odieuse, le suivant elle pleurait. On ne savait jamais à quoi s’en tenir, nous étions angoissées et même terrorisées de savoir à quelle sauce nous allions être mangées”, confirme une autre….

La situation agace d’autant plus les victimes présumées que, ce 16 février, Christelle Delarue a été nommée directrice du développement de #Notme, l’application américaine de signalement du harcèlement en entreprise qui se lance en France.

Elle a dirigé quelques semaines la communication de Sandrine Rousseau, candidate aux primaires d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), victime du harcèlement sexuel de l’ancien député Denis Baupin. Elle a quitté la campagne mi-février mais laissé les informations dans sa bio jusqu’à la veille de la parution de cet article. Elle a été conseillère pour la division “égalité des genres de l’Unesco”. Mise en garde sur le contenu de cette enquête à paraître dès novembre 2020, Christelle Delarue a démissionné de son poste de présidente des Lionnes seulement le 18 février 2021, soit deux semaines avant la parution de l’essai Féminisme Washing….
Challenges


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