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A 36 ans, Elisabeth Badinter devenait l’icône d’une génération. Aujourd’hui, cette croisée de la laïcité est vigoureusement contestée pour ses positions sur le féminisme et l’islamisme. Que s’est-il passé ?

En ce 2 juillet 1980, une jeune femme lumineuse apparaît à l’écran tandis que Bernard Pivot la présente : « Elisabeth Badinter, vous êtes mariée, trois enfants – je crois que c’est important, il faut le dire dans cette émission –, vous êtes agrégée de philosophie et dirigez un séminaire sur l’histoire de la famille à l’Ecole polytechnique. » Une mère avant tout, « il faut le dire »… « Apostrophes » est le salon littéraire ouvert à des millions de regards, et son animateur madré sait que la débutante cathodique va déclencher des cris d’orfraie. En direct, elle dynamite l’instinct maternel. Loin d’être une seconde nature de la femme, l’amour porté à l’enfant, montre-t-elle, est une construction culturelle et sociale. « L’Amour en plus » est un énorme succès de librairie et son auteur devient, à 36 ans, l’icône féministe de toute une génération.

Quarante années ont passé, blanchi sa chevelure, mais son regard pastel est toujours aussi puissant. Ses convictions ont suscité bien des passions épidermiques, des débats enflammés. Longtemps vénérée, Elisabeth Badinter est aujourd’hui vilipendée par la génération montante des féministes. Sa conception tranchée de la laïcité lui vaut les assauts meurtriers de ceux dont elle dénonce « l’islamogauchisme ». Ce qu’elle incarne à leurs yeux est trop bourgeois, trop « blanc », trop intransigeant sur l’universalisme.   […]

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