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Une vaste enquête de la Cour des comptes dresse un tableau alarmant de la situation économique quartiers prioritaires en France. Une «spirale négative» qui provoque des «phénomènes de repli», «voire de communautarisme»

[…] Les constats de la Cour attestent que, dix ans plus tard, cette situation s’est encore détériorée : « Après leur fermeture, les commerces sont fréquemment remplacés – parfois délibérément, parfois faute d’alternative – par des locaux associatifs. Les pieds d’immeubles sont souvent maintenus vides, soit par choix du bailleur social, soit du fait de l’absence de candidature présentant les garanties, notamment financières, suffisantes. » […] Un développement commercial qui s’exerce en périphérie. Le nombre élevé de familles ne disposant que de faibles ressources dans les quartiers prioritaires n’en fait pas des zones attractives pour les investisseurs. « Le faible pouvoir d’achat sur place et la persistance d’enjeux de sécurité aigus rendent ces derniers peu rentables pour les grandes enseignes de distribution », insiste le rapport. Ainsi, les ménages qui y résident font leurs « grosses courses alimentaires » hors du quartier, tandis que les « petites courses » sont effectuées sur place dans des commerces communautaires.

Le danger du repli. « Les nouveaux habitants présentent des situations sociales, économiques et familiales plus précaires que ceux qu’ils remplacent », relèvent les magistrats. Dans plusieurs quartiers, « cette spirale négative provoque des phénomènes de repli, voire de communautarisme, nourris par un sentiment d’exclusion et de relégation ». La disparition du tissu commercial local, « plus marquée que celle des équipements et services publics, alimente ce sentiment ». […]

leparisien.fr