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L’horreur a-t‑elle des limites? C’est la question qui depuis vendredi hante Gaëtan Honoré, 39 ans, enseignant. “Un professeur décapité, c’est une alliance de mots que je pensais impossible”, témoigne-t‑il, stupéfait. Et pourtant, l’impossible, il l’a vécu. Le 13 novembre 2015, il assistait au concert des Eagles of Death Metal quand trois terroristes sont entrés dans la salle.

[…] Aujourd’hui, raconte-t‑il, plusieurs de ses collègues n’abordent plus les caricatures ni la religion en classe. “Dans la mienne, en 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo, un élève avait refusé d’observer la minute de silence, témoigne-t‑il. C’est une réalité qui existe depuis longtemps.” Alors, désormais, que faire? “Je dois enseigner le fait religieux de façon laïque, avance-t‑il. Ces caricatures font désormais partie de notre histoire. Il ne faut pas renoncer à les montrer ni à expliquer. Sinon, on fait le lit de cette radicalisation des idées. L’école est là pour expliquer. Mais aujourd’hui, ça devient compliqué de le faire.”

Avant cet attentat, la question hantait déjà ses nuits, souvent encore marquées par de longues insomnies. “Je pense qu’on a vraiment un renoncement de l’Etat sur tout l’axe régalien : police, justice et Education nationale, estime-t-il. On refuse de reconnaître la réalité du terrain. Dans certains quartiers, il devient impossible d’enseigner le fait religieux alors que ça fait partie des instructions officielles. Comme d’habitude, l’Education nationale ne veut pas faire de vagues. Il nous faut une hiérarchie plus forte, qui soutient les profs et réinstaure leur expertise.”  […]

Le JDD


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