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[…] L’autre avantage des adaptations rétro, c’est de ne pas avoir à s’encombrer d’un détail embarrassant: la réalité. En 2004, dans une interview à propos des Choristes, Christophe Barratier affirmait: «L’intérêt de transporter des choses dans le passé permet de se concentrer sur les sentiments sans être parasité par les phénomènes sociaux. Je ne voulais pas parler de nos quartiers, du racisme.»
Ce décalage passe mal aux yeux du spectateur critique. […]

L’idée selon laquelle les élèves seraient moins brillants, moins éduqués aujourd’hui qu’il y a quelques décennies est un mythe répandu chez les esprits conservateurs. Une perception fausse, même si régulièrement sur les réseaux sociaux, des posts viraux se lamentent du déclin de l’école française.
[…]

Se projeter dans un passé fictionnel est également un moyen commode de ne pas penser un cinéma plus incisif et inclusif. «C’est un monde où il n’y a pas d’Arabes, de Noirs, de Juifs, souligne Daniel Andreyev.[…]

Pour Pauline Mallet, cet imaginaire politique est dangereux car il est présenté comme inoffensif […]

Finalement le problème ne vient pas de l’existence de ces comédies écolières gentillettes, mais plutôt du fait qu’elles dominent le cinéma grand public, au détriment de comédies scolaires moins édulcorées comme Les beaux gosses (2009), La vie scolaire (2019) ou T’as pécho? (2020).[…]

Slate


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