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A Istanbul, la propagande soutient que les Bosniaques ne sont pas des Slaves, mais des Turcs… Et que la région du Sandjak, située à cheval sur la Serbie et le Monténégro, peuplée de musulmans, doit être annexée par la Bosnie.
[…] Résultat, depuis deux décennies, le Sandjak se réislamise, sous l’influence d’ONG venues de Turquie et des monarchies du Golfe.
[…] Sur la place principale de Novi Pazar trône l’imposante faculté d’études islamiques (FIS). Elle a été construite et agrandie (pour accueillir 300 étudiants) illégalement. En devanture de sa librairie, entre des ouvrages dénonçant l’islamophobie et les atrocités infligées aux musulmans des Balkans, l’œuvre de Hasan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, présentée par le prédicateur qatari Youssef al-Qaradawi. Pourquoi le FIS aurait-il demandé des permis de construire ? Le Sandjak ne respecte déjà plus guère les autorités de Belgrade. Dans les rues, des centaines d’affiches rappellent que le SDA, affilié à son homologue bosniaque, réclame l’autonomie des six communes serbes et des six communes monténégrines du Sandjak. Après l’autonomie ? L’indépendance ? Le rattachement à la Bosnie ?

Dans le livre de Mustapha Kahramaanyol Bosnia and the Bosniaks, traduit en anglais et diffusé par l’association Culture et solidarité Turquie-Bosnie-Sandjak, la Turquie ne cache même plus ses ambitions. L’association dispose d’un imposant bâtiment dans le quartier de Bayrampasa, à Istanbul, surnommé la « petite Bosnie ». Réécrivant l’histoire, l’ouvrage explique que les Bosniaques ne sont pas des Slaves du Sud mais une tribu turque. Ils n’ont donc pas été colonisés. Au XIXe siècle, les peuples des Balkans ne se sont pas soulevés pour chasser l’occupant. C’est « sous l’influence des puissances étrangères et des Eglises chrétiennes que des rébellions ont éclaté dans les territoires ottomans des Balkans » . La Bosnie et le Sandjak ne demandent donc qu’à retourner dans le giron turc. « Chaque fois que les Bosniaques ont été persécutés, ils ont reçu le soutien d’Ankara. Nous sommes quatre millions à vivre en Turquie », assure Hilmi Erden, le vice-président de l’association Culture et solidarité Turquie-Bosnie-Sandjak, lui-même originaire du Sandjak du Monténégro. Vous avez dit néo-ottomanisme ?

Marianne


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