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Victime d’un manque chronique d’investissement, vieillissant et transportant moins de voyageurs, le réseau ferroviaire secondaire est toujours plus menacé.

Toujours plus de voyageurs, mais un réseau sans cesse atrophié, et surtout vieillissant, hormis sur les lignes à grande vitesse. Tel est le diagnostic que l’on pourrait porter sur la situation du chemin de fer français. L’an passé, la SNCF a annoncé ses meilleurs chiffres de fréquentation depuis 2012 : +10 % pour les TGV (110 millions de voyageurs), +8 % pour les Intercités (26,6 millions de voyageurs) et +4,6 % pour les TER (336 millions de voyageurs). Le cru 2018 pourrait être encore meilleur. Pourtant, de nombreuses lignes semblent menacées à court et moyen terme. Dans son rapport remis en début d’année au gouvernement, Jean-Cyril Spinetta, l’ancien patron d’Air France, affirmait qu’il fallait «recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence», c’est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles françaises. Il souhaitait un audit des «petites lignes» (qui représentent 32 % du réseau), qui mobilisent actuellement 16 % des moyens consacrés au ferroviaire, voient passer 9 % des trains et transportent seulement 2 % des voyageurs. […]

Laurent Chalard, docteur en géographie à l’université Paris- IV-Sorbonne, rappelle que ce mouvement de fermeture est ancien : «La baisse du nombre de kilomètres est continue depuis les années 30. Cela a d’abord concerné les toutes petites lignes desservant les bourgs ruraux, puis les lignes moyennes, en raison de la concurrence de la voiture.» […]

Libération

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