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Pour la première fois, des soldats chinois participent aux grandes manœuvres russes en Sibérie orientale lors du plus vaste déploiement militaire de l’histoire moderne de la Russie.

Du 11 au 17 septembre, les militaires auront les yeux rivés sur la Sibérie orientale et l’Extrême-Orient russe. Dans ces vastes étendues aux portes de la Chine, la Russie lance de gigantesques manœuvres sous le nom de code « Vostok (Est)-2018 ».

L’armée russe entend montrer ses muscles à une échelle jamais vue dans l’histoire récente : près de 300 000 soldats, 36 000 véhicules, 1 000 avions et 80 navires, dont les tanks T-90 dernier cri, les chasseurs Su-35 et les missiles Iskander. « Il s’agit d’un entraînement à un conflit de grande nature », estime-t-on à l’Otan.

Ces manœuvres sont l’aboutissement d’une décennie de modernisation des forces armées russes qui ont été engagées à des degrés divers en Géorgie, en Ukraine et en Syrie. « Les dépenses ont permis de rééquiper l’armée, d’améliorer l’organisation et de multiplier les entraînements, tandis que les opérations menées en Syrie ont aguerri officiers et hommes de troupe, observe Isabelle Facon, spécialiste de la Russie à Fondation pour la recherche stratégique. Si la Russie conserve un retard technologique, elle dispose de matériels capables de compenser ces lacunes. »

Au cours de l’opération Vostok-2018, la Russie entend célébrer son rapprochement stratégique avec la Chine dont elle partage 4 250 kilomètres de frontière. Environ 3 200 soldats chinois seront déployés sur le territoire russe durant les manœuvres, poursuivant sur la terre ferme des exercices maritimes conjoints engagés à partir de 2012. « Sous le terme de partenariat stratégique, les deux pays traversent aujourd’hui une véritable lune de miel », constate Mathieu Duchâtel, responsable Asie au Conseil européen de recherche stratégique.[…]

Dès le début des années 2000, la Russie a contribué à la modernisation de l’industrie de la défense chinoise par des transferts de technologie sur la vente des chasseurs Sukhoï-27 qui serviront à construire le J11 chinois. Après avoir mis un frein aux exportations, Vladimir Poutine a autorisé la livraison des Sukhoï-35 et des missiles de défense aérienne S-400, lorsque son régime, isolé sur la scène internationale et affaibli par les sanctions, a entamé son « pivot » vers l’Est.[…]

La Croix

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