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Le populisme de gauche sera-t-il l’ultime rempart à la progression de l’extrême droite en Europe, comme veut le croire Jean-Luc Mélenchon ? Ou au contraire son mauvais génie ? A force de jouer sur le même terrain, de flirter avec les mêmes démons populistes, les “illibéralistes” des deux camps ont fini par converger estime la journaliste Natacha Tatu évoquant dans son éditorial la position sur l’immigration de Sahra Wagenknecht, personnalité de l’extrême gauche allemande.

On l’a vu dimanche, même la Suède, malgré son économie florissante et ses 6% de chômeurs, n’a pas réussi à repousser la marée brune qui se répand inexorablement sur l’Europe. Après la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, les Pays-Bas, voilà donc la paisible Scandinavie touchée à son tour. Certes, la catastrophe annoncée n’a pas eu lieu. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. […]

Jusqu’à présent, la question migratoire était la principale ligne de fracture entre les deux camps. Solidarité avec les réfugiés d’un côté, xénophobie de l’autre, c’était le yin et le yang, les deux faces irréconciliables d’une même médaille. Mais l’Italie a fait sauter cette digue, et elle pourrait ne pas être la seule.

En Allemagne, où le SPD se fait désormais régulièrement battre par les partis d’extrême droite dans les sondages, Sahra Wagenknecht, l’une des leaders du groupe parlementaire proche des communistes de Die Linke, a elle aussi franchi la ligne rouge. Avec son nouveau mouvement Aufstehen (“Debout”), elle veut “en finir avec la bonne conscience de gauche sur la culture de l’accueil” et en appelle clairement à un strict contrôle des frontières : Plus de migrants économiques signifie plus de concurrence pour décrocher des jobs dans le secteur des bas salaires, estime-t-elle, revisitant, au fond, ce vieux credo marxiste selon lequel la vague migratoire crée une concurrence déloyale pour les travailleurs et pèse sur les salaires. N’empêche : un tabou est tombé. […]

Et à l’approche des européennes, d’autres glissements pourraient avoir lieu si l’Europe et les grandes démocraties persistent à nier l’inquiétude des peuples. Il faut maintenant prendre la mesure du problème, entendre les classes populaires, leur apporter des réponses. Et vite.

Nouvel Obs

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