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Malgré le froid polaire, un campement abrite plusieurs centaines de migrants, majoritairement des Soudanais, Erythréens et Somaliens, sous un pont du périphérique, en limite d’Aubervilliers. Il grossit depuis un mois. Beaucoup d’entre eux refusent les propositions de mise à l’abri. La plupart sont sont ce qu’on a coutume d’appeler des «dublinés».

La semaine dernière, le maire (PS) du XIXe François Dagnaud a lancé un « appel au secours » dans une lettre à la maire de Paris Anne Hidalgo. « C’est un campement sur lequel notre unité d’assistance aux sans-abri intervient quotidiennement pour proposer des hébergements et un soutien social, assure-t-on à l’Hôtel de Ville. Mais beaucoup refusent toute aide parce qu’ils sont craintifs quant à leur statut». […]

« Beaucoup refusent une prise en charge par l’Etat car ils sont concernés par la procédure Dublin, par une obligation de quitter le territoire français ou parce qu’ils sont en transit » décrypte un connaisseur de la situation. […]

Mohammad raconte qu’après un an passé dans une chambre en Essonne, sa demande d’asile a été rejetée. «Le préfet m’a dit : il n’y a rien pour toi. Je dois revenir en Italie». Depuis, il préfère rester sous le périph, malgré l’ouverture lundi d’un centre d’hébergement de 250 places géré par Emmaüs Solidarité, à deux pas, porte de la Villette. Dimanche, les élus écologistes du XIXe ont réclamé une « mise à l’abri immédiate des sans-domicile […] sans regard sur leur situation administrative ». […]

Le casse-tête des « dublinés »

La plupart des migrants croisés sur le campement du Millénaire sont ce qu’on a coutume d’appeler des « dublinés ». En clair, ils sont soumis au règlement dit « Dublin II » de juin 2003 qui veut que le premier pays de l’Union européenne où un demandeur d’asile entre (et enregistre ses empreintes digitales dans le fichier Eurodac) est celui où son dossier doit être instruit (Italie, Grèce, Hongrie…).

En France, lorsqu’un migrant demande l’asile, la préfecture consulte systématiquement le fichier Eurodac. Si ses empreintes y figurent, elle demande au pays responsable de le reprendre. En attendant la réponse, le migrant est assigné à résidence ou placé en rétention et dispose de droits dont une allocation pour demandeur d’asile. Si l’expulsion n’est pas effectuée dans les six mois (18 mois en cas de fuite), le migrant peut redemander l’asile en France.

Le Parisien

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