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Comment améliorer l’intégration des étrangers en France ? C’est à cette question qu’Aurélien Taché, député La République En Marche du Val-d’Oise, a tenté de répondre avec son rapport parlementaire. Dans son texte, il fait 72 propositions qu’il espère voir reprises par le gouvernement dans son projet de loi asile et immigration présenté ce mercredi. Entretien sur le Bondy Blog.

 

Si vous arrivez du Moyen-Orient par exemple, comme c’est le cas de beaucoup de réfugiés aujourd’hui, vous ne parlez pas le français. Vous êtes obligé d’apprendre le français et de recommencer vos études. Or, qu’est-ce qui différencie un infirmier en Syrie d’un infirmier en France ? Il y a certainement des choses un peu différentes, il faut travailler sur l’adaptation mais globalement, le métier est le même. On soigne de la même manière en Syrie qu’en France.

 

Aujourd’hui, quand vous demandez la nationalité, il y a en moyenne 12 ans entre le moment de la demande et celui de l’obtention. Je trouve que 12 ans, pour obtenir la nationalité, pour des gens qui vivent là depuis plusieurs années, qui parlent français, qui travaillent, c’est beaucoup trop long. Pourquoi on les fait attendre pour qu’ils obtiennent la nationalité ?

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Un certain nombre de professions sont aujourd’hui clairement réservées aux Français et/ou Européens, validant dans notre droit la notion de préférence nationale. Faut-il en finir avec ce système discriminant ?

Je le pense, oui. Quand on entend un certain nombre de personnes, notamment au Front national où chez ceux qui flirtent aujourd’hui avec ses idées, dire qu’il faudrait une préférence nationale en France, je leur réponds qu’elle existe déjà, pour partie en tout cas. Quand vous avez tout un tas de métiers qui ne sont pas ouverts aux étrangers, quand vous avez des patrons, des chefs d’entreprises, qui sont obligés de payer des taxes supplémentaires quand ils recrutent un étranger qui a des papiers, qui s’est vu octroyer le droit d’asile, qui a eu un titre de séjour car il y a des procédures particulières pour se faire autoriser le travail. Même si vous avez un titre de séjour, ça ne vous donne pas automatiquement l’autorisation de travailler. Je souhaite qu’on mette fin à la préférence nationale dans le travail. À partir du moment où on dit à quelqu’un qu’il peut venir en France, il doit avoir les mêmes possibilités que les autres d’y travailler, d’y faire sa vie. Il ne doit pas y avoir, dans la loi, des verrous qui l’empêchent de travailler parce que le travail est fondamental quand on parle d’intégration, d’autonomie, de pouvoir construire sa vie. […]

Bondy Blog

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