Fdesouche

Les gays ont-ils viré de bord politique ? Cette interrogation est devenue l’un des serpents de mer du débat public, dans un contexte plus global d’effritement des identités politiques traditionnelles et de spectaculaires réalignements électoraux.

Pim Fortuyn, homme politique néerlandais, homosexuel affiché (ce qui l’a tenu à l’écart de partis de droite prônant les «valaurs familiales traditionnelles»), prit à la fin de sa vie un virage populiste radical, attaquant l’islam et la volonté de non-assimilation des immigrants.

Son assassinat au début des années 2000 a ouvert un cycle politique nouveau au sein des droites radicales mais également une incontestable évolution idéologique parmi des électorats jusque-là plus que rétifs à l’égard des partis nationaux-populistes ou de droite radicale. Aux Pays-Bas toujours, avec Geert Wilders, mais également dans d’autres pays, l’extrême droite a considéré avec attention l’enjeu stratégique de l’électorat LGBT. […]

Dans le questionnement sur l’adhésion croissante des LGBT à des partis de droite radicale ou dans la plus grande ouverture de ces partis aux préoccupations de ces citoyens, ce n’est pas la traque d’un hypothétique «lobby gay» qui importe, c’est la mutation idéologique ou la tentation occidentaliste d’un nombre croissant de nos concitoyens qui doit attirer l’attention et l’analyse. Un nouveau livre vient, en nuances et avec sérieux, livrer un éclairage sur cette problématique. L’ouvrage d’Alain Naze Manifeste contre la normalisation gay (La Fabrique, septembre 2017) pose une nouvelle question. À la source de la droitisation ou d’une adhésion croissante des gays à l’occidentalisme, il se pourrait que se trouve le processus de «normalisation» lié notamment au «mariage pour tous» ou au «coming out».

Si l’on suit l’auteur, ce processus de normalisation priverait les gays d’une forme de résistance à l’intégration, à la normalisation produites par le capitalisme contemporain. […]

slate

Fdesouche sur les réseaux sociaux