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Elles ont lancé leurs travaux au printemps 2016. Ce mercredi, les sénatrices écologiste Esther Benbassa et Les Républicains Catherine Troendlé remettent leur rapport d’étape -premières conclusions, non définitives- de leur mission d’information sur le “Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe”. Et leur constat est assez sombre: il y aurait de sérieux ratés en matière de lutte contre la radicalisation.

Pendant un an, les deux sénatrices ont passé au crible toutes les mesures prises par le gouvernement dans ce domaine éminemment complexe. Des dispositifs souvent décidés dans la précipitation, qui n’ont pas franchement été à la hauteur des enjeux. “Les pouvoirs publics, après les attentats, ont été pris de panique”, note Esther Benbassa. “Il fallait faire quelque chose mais comme on est allé trop vite, on est tombé dans le bricolage“.

Ainsi, le centre de Pontourny, en Touraine, qui devait servir de modèle de désendoctrinement, tourne déjà à vide faute de volontaires, sept mois à peine à près son ouverture. “Les effets sur la lutte contre le phénomène d’emprise sur des personnes en voie de radicalisation sont loin d’être avérés”, pointent les sénatrices. “À l’inverse, trois pensionnaires s’étaient autoproclamés la ‘bande des salafistes rigoristes’, le départ forcé de l’un d’entre eux entraînant le départ volontaire et consécutif des deux autres, laissant supposer un phénomène d’emprise, paradoxal dans un lieu censé y remédier”.

Même constat d’échec les unités dédiées aux détenus radicalisés. “On ne peut pas réunir les gens qui pensent de la même manière“, déplorent les élues. “Vous allez créer une sorte de bouillon qui va continuer à faire marcher la machine idéologique“.

L’exemple de la maison d’arrêt d’Osny, qui a mis fin à son programme de prise en charge de la radicalisation après l’agression d’un surveillant, en est l’illustration la plus flagrante. “Au cours du temps passé à Osny, ce détenu n’avait pas opposé de résistance particulière aux programmes de prise en charge organisés et était apparu plutôt enthousiaste, accréditant ainsi pleinement la thèse d’un comportement de dissimulation“, rappellent-elles.

Enfin, les sénatrices égratignent le choix des intervenants: “Une bonne partie des associations en quête de subventions ont collé au sujet sans être formées elles-mêmes, ce qui a créé ce que nous appelons le business du terrorisme. (…) La priorité politique qu’a constituée légitimement la ‘déradicalisation’ sous la pression des événements a pu conduire à des effets d’aubaine financière“. […]

Direct Matin

(Merci à C’)

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