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À quoi ressemble le travail des forces de l’ordre dans la jungle de Calais ? Les policiers sont au bout du rouleau. Gilles Debove, délégué syndical SGP Police FO, travaille à Calais depuis 2000. Désemparé, il craint que la situation ne dure encore plusieurs années.

Les jets de pierres, les menaces à l’arme blanche, les rébellions, les outrages font partie de notre quotidien. Près de 150 fonctionnaires de police ont été blessés depuis le début de l’année 2015.

Policier de la brigade anti-criminalité, j’ai été affecté à Calais en 2000. Sangatte, puis la “jungle”, les flux migratoires, je connais. En 2012, suite à une blessure, j’ai été préempté par Unité SGP FO Police pour être délégué syndical à plein temps.

La situation à Calais m’avait toujours semblé gérable, mais depuis le printemps 2014, j’ai le sentiment que nous perdons pied. Et, je n’ai pas l’impression que ça va en s’arrangeant.

À cette époque, notre travail était tourné pratiquement à 100% vers les migrants, au détriment souvent de la population calaisienne. […]

Il y a quelques années, quand des CRS réclamaient à un groupe de migrants cachés dans un camion d’en sortir, cela ne posait aucun problème. Aujourd’hui, nous sommes parfois obligés de monter à l’intérieur pour les en extraire manu militari, toujours dans le respect de la personne. […]

Avec le temps, se faire caillasser est devenu une triste habitude qui n’est plus tolérable. Des jets de pierres, ça nous apparaît comme “normal”. Les collègues ne déposent jamais de plaintes, ils connaissent les suites données même si un migrant est interpellé. […]

On nous de traite tantôt de “fachos”, tantôt de “collabos”, mais en réalité, nous ne faisons que notre devoir et exécutons les ordres qui nous sont donnés.

Le Nouvel Obs

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