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Dans une tribune intitulée « No pasaran » à paraître cette semaine dans une revue économique régionale, Eco121, Bruno Bonduelle tire la sonnette d’alarme. L’ancien patron du Nord, à l’origine d’un empire industriel, est inquiet d’une victoire possible de Marine Le Pen à la tête de la nouvelle région Nord Pas-de-Calais-Picardie. « Je le vis mal », lâche ce militant européen de la première heure.

Fasciste, Marine ? Non, bien sûr ! Pas plus de chemises noires que de chemises brunes dans ses meetings. […] Fachos, tous ces braves gens ? Non bien sûr ! Cependant perception is reality. […]

NO PASARÁN C’était le cri de guerre des républicains espagnols face aux troupes de Franco pendant la guerre d’Espagne. A Lille, ce pourrait être notre cri du cœur le soir du premier tour si le vote FN confirmait les sondages. Monsieur l’élu, vous êtes 3ème. Désistez-vous ou fusionnez avec le second mais ne laissez pas notre économie sombrer dans le repli sur soi ! source

« Lors de notre rencontre avec les candidats, on n’avait pas invité le FN, explique Didier Thibaut, directeur de la Rose des Vents, scène nationale installée à Villeneuve-d’Ascq. C’était une décision collective mais ce n’est pas du mépris de ses électeurs ».

Jusqu’à présent, c’était le grand silence dans le milieu économique de la région. Les patrons du Nord ont toujours été, volontairement, éloignés de la politique. Terre de fort entreprenariat familial (familles Mulliez, Roquette, Lesaffre, Bonduelle, Gaspard…), le Nord Pas-de-Calais est la première région de France en matière d’investissements étrangers (hors Ile-de-France). «Le problème, si le FN passe, c’est l’image de la région vis-à-vis des investisseurs étrangers, craint Bruno Bonduelle. Tous les médias du monde vont titrer sur “Une région massacrée par la désindustrialisation” ». […]

D’autant que les chefs d’entreprises sont loin d’avoir tous le même point de vue. « Dans les CCI, j’en connais des petits patrons, des commerçants, ou des artisans qui votent Le Pen », explique Bruno Bonduelle. […]

L’ancien directeur de Sciences-Po Lille, Pierre Mathiot, est l’un des trois initiateurs de « l’appel aux femmes et hommes de bonne volonté », un appel citoyen à l’union de la gauche lancé en juin dernier. Ce texte illustre les craintes de voir « l’extrême droite gagner une élection majeure et accéder à la présidence d’une région de 6 millions d’habitants ». Mais l’appel n’a pas pris. Les 540 signataires constatent avec amertume que l’union de la gauche au premier tour n’aura pas lieu. Pierre Mathiot soupire : «A gauche, ils sont ridicules. La seule chance désormais, c’est un duel au second tour. Mais même le duel commence à me faire peur…»

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