Fdesouche

Papier de Charles Rojzman, écrivain

Les commentaires et les explications pleuvent après la percée spectaculaire du Front national dans de nombreuses villes et le chiffre record de l’abstention: un pouvoir socialiste qui a déçu, une UMP secouée par les affaires, une population qui ne sent pas représentée par ses élites politiques et médiatiques, le chômage… Toutes ces explications sont justes et valables.

Hebergeur d'imageUne seule n’a pas suffisamment, à mon sens, retenu l’attention ou plutôt reste embarrassante : le facteur “ethnique”. Je constate l’augmentation de l’abstention dans des quartiers populaires où habitent beaucoup de musulmans (majoritairement parfois) comme à Roubaix. Et à l’écoute de ce que se dit couramment dans les quartiers populaires, aussi bien chez des jeunes que des adultes, à la lecture de quelques sites sur la toile, j’ai une impression forte qui ne peut évidemment pas être confirmée par des prises de positions officielles ou des sondages, que Nicolas Sarkozy n’a pas seulement été rejeté par les habitants des cités parce qu’il a parlé de “racailles” mais parce qu’il était considéré comme un “juif”, alors même qu’il ne l’est pas.

Par ailleurs, toujours dans cette logique de savoir qui est juif, qui ne l’est pas, le juif étant l’ennemi, puisque, par définition pro-israélien, selon eux, le vote pour Hollande a été massif aux présidentielles. Mais, peu à peu, en raison de la présence de ministres perçus comme “juifs” dans son gouvernement, soit parce qu’ils le sont réellement, soit parce qu’ils sont tout simplement imaginés comme tels, François Hollande a été considéré comme président sioniste et ainsi rejeté.  […]

Hebergeur d'imageJ’ai le souvenir d’avoir assisté un jour à un grand meeting de Le Pen père à Rouen. Lorsque ce dernier parlait de l’Europe et de la corruption, il était chaleureusement applaudi mais ces applaudissements devenaient frénétiques lorsqu’il mettait en cause l’immigration maghrébine. “Arabi fora”, “les arabes dehors”, ce slogan corse a depuis toujours été la devise des partisans du Front national dans le Sud, le Nord et l’Est du pays.

Comme dans d’autres pays d’Europe, le rejet du multiculturalisme considéré comme le cheval de Troie d’un Islam envahissant et de la criminalité “des racailles de cités” a suscité le rejet des partis en place jugés favorables à ce multiculturalisme et une propension à élire les représentants de partis dits populistes. […]

Il serait dommage de se tromper d’analyse et de ne pas accepter de voir l’importance de plus en plus grande des questions ethniques dans ce climat de désespérance des sociétés modernes. […]

Huffington Post

Fdesouche sur les réseaux sociaux