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Soutien à Dieudonné, manifestation contre le droit à l’avortement, jour de colère contre Hollande, c’est un pan entier de l’opinion qui glisse vers l’extrémisme selon Christophe Barbier.
En tourbillons et en rafales, comme une bise maudite, un bien mauvais vent souffle depuis peu sur la France. […] Trois avatars pour un même phénomène: la sédition. Officiellement, ces escouades de “bonnets noirs” en veulent au pouvoir de gauche, pour ses réformes sociétales et ses échecs économiques, ou encore au “système”, appellation facile du panier où elles jettent les élites. En réalité, elles ont un seul ennemi, qu’elles veulent abattre: la République. Il est plusieurs erreurs à ne pas commettre face à de telles factions. La première est de les sous-estimer.
Considérer que les “dieudonnistes” se cantonnent à Internet, estimer que les manifestants du dimanche se lasseront vite ou penser que l’extrémisme se volatilisera dès le retour de la croissance revient à prendre une montée de lave pour un feu de Bengale.

Ce glissement extrémiste d’un pan de l’opinion doit nous alarmer, car il faudra des années de prospérité pour le remettre sur le droit chemin démocratique.

Avoir mené la prophylaxie anti-Dieudonné a coûté à Manuel Valls plusieurs points dans les sondages: c’est dire s’il y a, dans le pays profond, des citoyens prompts à s’égarer, indifférents aux leçons de l’Histoire autant qu’à celles des clercs d’aujourd’hui.

Nous vivons une époque où l’excès de vigilance vaut mieux que l’abus de naïveté. L’hiver vient, les loups rôdent, et s’ils ne sont entrés dans Paris que par incursions, de leurs mufles déjà nous parvient le souffle glacé de la haine.

Pour l’heure, la parole se lâche et l’on entend dans les manifs, mais aussi dans la vie quotidienne, les mots les plus crus de l’ostracisme et de l’imprécation. Si le malaise national perdure, les actes suivront les slogans et les attentats physiques succéderont aux agressions verbales. Qui grognait hier hurle aujourd’hui et mordra demain. L’Histoire ne repasse jamais les plats, mais le 6 février 1934 fut aussi un «jour de colère», nourri d’un même rejet du régime, d’un dégoût similaire pour les «affaires», d’une révolte cousine contre l’impuissance publique face à la crise et d’une comparable tentation antisémite et xénophobe. […] L’Express

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