Fdesouche

Pour Béatrice Mabilon-Bonfils, sociologue, et Rokhaya Diallo, journaliste, l’injonction à l’intégration pour les étrangers est une forme de «stigmatisation» envers les enfants d’immigrés.

Ce rapport prend acte de la difficulté de la République française, théoriquement monolithique, à admettre les différences. En France, la laïcité a été dévoyée pour devenir un instrument d’agression des minorités, en particulier des musulmans dont on essaie peu à peu d’effacer la visibilité.

Quelle est donc cette population à “intégrer” ? La présence durable et installée, depuis la chute de l’empire colonial, de minorités non-blanches issues des migrations ne peut plus être pensée comme temporaire ou liée à la conjoncture économique dans une France plus pluriculturelle que jamais dans son histoire.

Les enfants des immigrés d’hier que l’on imaginait «de passage» sont aujourd’hui des Français à part entière : persister à considérer qu’il faut les «intégrer» alors même qu’ils sont chez eux, est une violence que le rapport s’attelle à déconstruire. Ainsi dans nos représentations sociales – qui sont résolument ethniques –, certains étrangers n’ont pas l’air d’immigrés et certains Français ont l’air d’étrangers, alors que certains étrangers sont plus étrangers que d’autres.

Relayant la fracture sociale, la question ethnique fait effraction dans nos imaginaires collectifs, telle un “trauma” dans un modèle républicain vécu comme universel et universalisable. […]

L’École est un lieu éminemment politique, elle a été l’outil privilégié de la fabrique du citoyen français, dans un processus de construction d’une identité «commune» faite de récits collectifs et de symboles partagés mais elle s’est nourrie d’amnésies et d’amnisties. […]

Le Point

Fdesouche sur les réseaux sociaux