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Le marché interbancaire chinois a été pris de panique ce vendredi et a contraint la banque centrale à intervenir. Les marchés craignent des faillites bancaires : le risque de restriction du crédit est élevé.

Est-on au seuil d’une crise bancaire en Chine ? En tout cas, la panique s’est emparée ce vendredi du marché interbancaire chinois. Le taux de référence au jour-le-jour, équivalent de l’Eonia européen, a atteint un record à 13,91 %, avant de reculer nettement jusqu’à moins de 8 % sous la pression, prétendent les rumeurs, d’une intervention de la banque centrale. Selon Bloomberg, 50 milliards de yuan (environ 6,15 milliards d’euros) auraient été injectés dans le marché par la banque centrale.

« Assainir » le système bancaire

Ce mouvement de panique s’explique par la volonté des autorités monétaires et politiques de mettre fin à l’expansion très rapide du crédit de ces dernières années. Dans le viseur de Pékin se trouveraient les petites banques qui ont beaucoup prêté et qui ont également beaucoup spéculé. Leur endettement serait devenu intenable. Le gouvernement semblerait déterminer à « assainir » le marché bancaire et coupant les vivres de ces établissements, quitte à provoquer des faillites. Une logique qui n’est pas sans rappeler aux marchés l’audace des autorités américaines en septembre 2008 dans l’affaire Lehman Brothers…

Confusion

Reste que le gouvernement rajoute de la confusion à l’inquiétude. On l’a vu : prompt à stopper la hausse du taux interbancaire, il multiplie les déclarations fermes vis-à-vis du secteur bancaire. Sa communication sur le sujet est souvent chaotique. En réalité, il n’est pas certain que Pékin soit prêt à assumer un « assainissement » des banques. En cas de hausse durable du taux interbancaire, les établissements devraient restreindre leur offre de crédit et le ralentissement de l’économie, déjà sensible depuis quelques mois, n’en serait qu’accéléré. C’est un risque que le gouvernement ne souhaite pas prendre. Pas plus, sans doute, qu’il est prêt à prendre le risque d’un Lehman chinois. Mais pour autant, comment maintenir un système bancaire aussi endetté sans risques ? Comment développer, comme souhaite le faire Pékin, une demande intérieure sur des bases aussi fragiles ?

Méfiance et risques sur la croissance mondiale

Dans l’immédiat, il y a fort à parier que la confiance des banques chinoises entre elles ne soit fortement compromise. Chacun attendra avec anxiété la chute du voisin. Le peu de transparence du système chinois rajoutera à cette défiance.

Le risque d’un crédit crunch chinois ne peut donc être pris à la légère. Or, s’il devenait réalité, la contraction du crédit en Chine et de la deuxième économie mondiale réduirait à néant les espoirs de reprise par les exportations en Europe. Or, c’est le seul levier dont disposent désormais les pays de la zone euro, notamment ceux qui ont été ravagés par la crise de la dette. Le nouvel acte de la crise mondiale commencée en 2007 se joue donc en Chine.

La Tribune

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