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A peine François Hollande élu, avec l’espoir naïf pour certains Africains de voir la France changer sa politique d’immigration, que de vives polémiques s’engagent dans deux capitales ouest africaines suite au refus d’octroyer des visas à deux personnalités de la sous-région.
Le Sénégalais Oumar Sankharé, professeur de lettres à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) et le Burkinabè Halidou Ouédraogo, président d’honneur du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), se sont vus refuser l’entrée en France en l’espace de quelques jours. M. Sankharé voulait se rendre en France pour des raisons professionnelles, suivi d’un contrôle médical et M. Ouédraogo pour des raisons médicales.

Ces rejets ont rapidement déclenché des réactions hostiles et indignées contre la France dans le milieu étudiant et culturel africain, au sein de la presse et sur le réseau Internet. En ligne de mire, l’attitude jugée « méprisante » par les Africains des consulats français. Occasion pour de nombreuses voix de s’élever chez les étudiants, écrivains et citoyens pour réclamer avec colère l’application de la règle de « réciprocité » dans l’attribution des visas, puisque dans la plupart des pays d’Afrique francophone, les Français sont admis « sans visa ».
Le professeur Sankharé, qui se présente fièrement comme « seul sénégalais avec Léopold Sédar Senghor » (premier président du Sénégal indépendant) à être agrégé de grammaire française, devait se rendre à Paris pour une réunion du jury du « Prix des Cinq Continents », dont il préside le comité Afrique, ainsi que pour un contrôle médical.
Quant au burkinabè Ouédraogo, d’après le site faso.net, il s’apprêtait à effectuer une visite, pour un suivi médical. D’après le site
Burkina24.com, il a menacé lors d’une conférence de presse le 30 juin 2012 à Ouagadougou de porter plainte contre le consulat si sa santé venait à se dégrader.
A Dakar, une douzaine d’étudiants de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Ucad, outrés par le sort réservé à leur professeur, s’étaient rendus devant l’ambassade de France le lundi 2 juillet 2012 pour exprimer leur colère.
« On s’est senti concerné car nous sommes amenés à être des intellectuels. Nous n’avons pas seulement parlé pour monsieur Sankharé, mais pour tous les universitaires qui ont subi ce traitement », témoigne El hadji Mohamed Lamine Seydi, étudiant à l’Ucad. Et M. Seydi d’ajouter
« ce n’est pas la France qui nous nourrit, si elle ne respecte pas les clauses de réciprocité, elle devra sortir du pays », sous-entendu du Sénégal. (…)

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