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Le glissement sémantique est insensible, mais réel. De plus en plus, à la radio, comme à la télé, les candidats du FN sont appelés “marinistes” et non plus “lepénistes”. Les médias aident-ils Marine Le Pen, la présidente du FN, à banaliser l’extrême droite ?

Marine Le Pen a déjà gagné une bataille importante lors de ces élections législatives, une bataille essentielle même : celle du vocabulaire. Et c’est un élément politique à prendre en considération en vue de l’avenir, plus encore que le nombre de députés FN éventuellement élus au soir du second tour.
Personne n’y prend garde, et pourtant. Le mal est là, déjà enkysté dans les inconscients médiatiques,

la meilleure preuve étant que justement, personne ne l’a encore diagnostiqué.

Dans les médias grand public, “mainstream”, on ne désigne plus les candidats FN de la même façon qu’auparavant.
C’est un glissement sémantique qui s’impose de lui-même, comme semblant naturel. Personne ne s’en offusque, personne ne le remarque, mais à la radio comme à la télévision, la formule, doucement, calmement, insidieusement, s’impose peu, contribuant à banaliser ce qui ne devrait pas l’être.
 Et peu à peu, la presse écrite reprend elle aussi à son compte la nouvelle qualification “mariniste”. On l’entend, on le lit et on le voit de plus en plus, et personne ne pourra nier que ce glissement sémantique,aussi habile que sournois, voulu par Marine Le Pen, contribue à la banalisation du FN.
Que dit-on de l’avocat Gilbert Collard ? Qu’il est un candidat “mariniste”. Comment présente-t-on Marion Maréchal-Le Pen ? Comme une candidate “mariniste”. Comment est qualifié Florian Philippot ? De candidat “mariniste”. (…)
Le nouvel Observateur

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