Fdesouche

Faute de place, onze requérants d’asile musulmans côtoient les travailleuses du sexe depuis un mois. Fixé sur la façade de l’immeuble, un énorme logo en néon bleu accueille les clients du Vénus. L’établissement, situé à Aadorf en Thurgovie, n’était jusqu’ici qu’un banal lupanar de banlieue. Depuis la mi-janvier cependant, il a la particularité de faire se côtoyer des travailleuses du sexe avec des requérants d’asile, musulmans de surcroît.

Comme le révèle la dernière édition du SonntagsBlick, l’étrange cohabitation est l’œuvre d’un travailleur social d’Aadorf, Beat Schlierenzauer, qui a dû trouver une solution dans l’urgence.

A l’instar du reste de la Suisse, le canton est submergé par l’afflux de requérants, et la population reste peu encline à leur laisser du terrain.

Après avoir vainement cherché des propriétaires prêts à louer leurs appartements à des requérants, Beat Schlierenzauer a dû se résoudre à en caser onze dans cet hôtel un peu particulier. Ceux-ci vivent désormais au deuxième étage du night-club, soit juste au-dessus des lits de passe. (…)

http://img820.imageshack.us/img820/9629/topelement.jpg

Pour Nicolas Blancho, président du Conseil central islamique suisse (CCIS), la situation frise l’irrespect. «C’est ridicule de mettre des musulmans dans un bordel. Déjà à la base, ce sont des lieux qui n’ont pour nous pas lieu d’être. Et puis, d’un point de vue général, ce ne sont pas des endroits pour vivre, encore moins pour un musulman.» Nicolas Blancho estime aussi choquant que l’Etat promeuve ce genre de solution. «Ce n’est pas bon pour l’image de la Suisse. Il faut les mettre ailleurs», conclut le musulman suisse.

Problème de solidarité

La socialiste Ada Marra perçoit quant à elle la situation d’un point de vue plus large.

«Ce qui me choque le plus, ce n’est pas le fait qu’il s’agisse de musulmans, mais qu’à cause de l’attitude réfractaire de la Suisse on en soit arrivé là! Selon la loi, chaque commune est obligée d’accueillir un certain nombre de requérants, explique la Vaudoise. Il n’y a pas de quota et c’est tant mieux, parce que ce principe, basé sur la confiance, la solidarité, est un pilier fondateur de notre pays. Mais si ça continue dans cette voie, il va falloir sévir et instaurer des ratios, ce que je ne souhaite pas.»

24 Heures

 

Fdesouche sur les réseaux sociaux