Dramaturge, auteur de huit comédies et vingt-trois tragédies, il est considéré comme le fondateur du théâtre classique français. Ses œuvres mettent souvent en scène des personnages confrontés à des situations nécessitant des choix difficiles.

Fils de la haute bourgeoisie de robe, Pierre Corneille fait de brillantes études chez les jésuites. Se destinant à une carrière d’avocat, il suit des études de droit. En 1628, Son père lui achète deux charges d’avocat. Mais timide et peu éloquent, il renonce à plaider.
Il se fait d’abord connaître et apprécier grâce à ses comédies, comme Mélite en 1629 dont le succès l’incitera à entreprendre une carrière d’auteur. De 1630 à 1636, Il écrit cinq comédies, un genre qu’il renouvellera en évitant ses outrances et sa vulgarité. Il est remarqué par le cardinal de Richelieu qui le prend sous son aile et lui offre une pension pour mettre en vers avec 4 autres auteurs les intrigues théâtrales que le cardinal se plaît à imaginer.
Sa première tragédie, Médée est écrite en 1635. En 1637, il présente Le Cid, œuvre majeure de sa carrière et dont le succès retentit dans toute la France. Cette tragi-comédie met en scène un amour tumultueux, jalonné de duels meurtriers et de conflits familiaux, où les thèmes de l’honneur et du pouvoir royal prédominent.
Il écrit de nombreuses tragédies et s’inspire des histoires de la Rome antique racontées dans sa jeunesse pour écrire Horace (1640), Cinna ou la Clémence d’Auguste (1641), Polyeucte ou encore La Mort de Pompée (1643). Indifférent face aux critiques, il ne respecte pas toujours les règles classiques. Il est élu à l’Académie française le 22 janvier 1647.
La représentation de Pertharite (1652) est un échec. Affecté par le manque d’enthousiasme suscité par sa pièce, il abandonne le théâtre pendant quelques années. Les jésuites lui commande une traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ.
Parallèlement à cette activité, il publie des Discours et des Examens pour compléter son œuvre d’une réflexion poussée. Son retour dans le monde du théâtre est particulièrement difficile. Durant son absence, le jeune Racine s’est implanté dans le milieu et est parvenu à gagner la faveur du public parisien. Les dernières œuvres de Corneille sombrent quasiment dans l’indifférence et il décide d’abandonner définitivement la dramaturgie en 1674.
Corneille s’éteint à Paris le 1er octobre 1684 dans la pauvreté et l’oubli. Son frère Thomas lui succède à l’Académie française.
Voltaire dira de Corneille : « La langue française restait à jamais dans la médiocrité, sans un de ces génies faits pour changer et élever l’esprit de toute une nation. C’est le plus grand de nos académiciens, c’est Corneille seul qui commença à faire respecter notre langue des étrangers. »




