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Une tribune libre de Le Muet
Le gendarme se retrouve très souvent au bord de la route à contrôler les automobilistes afin de vérifier s’ils ne roulent pas trop vite, ou si les véhicules sont en règle; mais pourquoi sommes-nous aussi souvent à chasser la contravention sur les routes au lieu des délits qui pourrissent la vie des gens – les cambriolages qui sont très fréquents ou les trafics de drogue ?
Les gendarmes de base ne sont que des exécutants aux ordres des officiers de gendarmerie, qui eux sont sous les ordres du préfet, qui est lui-même sous les ordres du gouvernement.
Or, ce gouvernement a deux vrais objectifs concernant la délinquance et il le dit haut et fort : la délinquance routière avec sa politique des chiffres et les violences conjugales. Le reste n’étant que secondaire, il faut faire des statistiques de police de la route sinon…
Le commandement de la Gendarmerie va jusqu’à imposer des quotas de contraventions à poser, bien que ce soit totalement illégal, quotas donnés verbalement pour éviter de laisser des preuves. La lettre d’un gradé envoyé à un gendarme qui s’est retrouvée dans les pages d’Autoplus et qui spécifiait que le nombre de timbres-amende demandé n’était pas réalisé a permis de veiller à cela.
Pour les récalcitrants aux ordres, le bâton n’est pas loin. Par exemple, la mutation forcée ou le refus des demandes de mutation. Bien que rare, c’est la pire des sanctions : quand on est dans une petite ville offrant tout les services possibles à portée de main, assez proche de sa famille, la mutation dans une brigade de rase campagne avec son village de 1000 habitants c’est l’horreur. Je parle bien sûr des villages totalement perdus avec juste une épicerie et son bistrot quand on a des enfants en âge de scolarisation. Le collège ou le lycée sont souvent très loin et quand il y a mutation, l’épouse devra quitter son emploi avec les conséquences sociales et financières que cela implique. Il y a un terme en gendarmerie, c’est le « célibataire géographique », qui ne peut quitter son logement de fonction pour retrouver sa famille que deux jours par semaine – hors vacances, bien sur.
En conclusion, la « base » ne peut qu’obéir aux ordres venant d’en haut afin de ne pas être sanctionnée, et tant que le gouvernement ne changera pas de politique, consigne sera de chasser les dangereux contrevenants sur les routes plutôt que les délinquants qui pourrissent la vie des Français. Après tout, en ces temps de disette pour l’état, un grand-père qui paye ses timbres-amende, c’est bien plus intéressant qu’un délinquant insolvable. Et surtout, le papy ne va pas troubler l’ordre publique en brûlant des voitures !
La paix est gardée, et le préfet pourra affirmer à sa propre hiérarchie que le département est calme.

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