Pierre Moscovici : «Il n’y aura pas de rapatriement en France d’emplois industriels installés au Maroc»

En pleine polémique sur le rapatriement des activités des centres d’appels français établis à l’étranger, le ministre français de l’Economie et des Finances Pierre Moscovici a assuré vendredi qu’»il n’y aura pas de relocalisation» en France d’emplois industriels délocalisés au Maroc.

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«On comprendra que nous soyons en France attachés à développer l’emploi, mais il n’y aura pas de relocalisation d’emplois industriels aujourd’hui situés au Maroc ou en Tunisie»,

a déclaré M. Moscovici à l’issue d’un entretien avec le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération Youssef Amrani.

«Nous avons une relation économiquement saine et forte et nous ne voulons pas rentrer dans une quelconque guerre économique qui n’aura pas de sens», a-t-il souligné.
«On comprendra qu’à l’avenir, nous essayerons de maintenir les emplois en France, mais il n’y a pas de débat sur la relocalisation des activités, tant que nos relations sont extrêmement fortes avec le Maroc», a encore rassuré le ministre français. (…)

L’Opinion

Été Arabe -Tunisie : heurts à Sidi Bouzid, berceau de la révolution

Des dizaines de manifestants ont attaqué jeudi le siège du gouvernorat (préfecture) à Sidi Bouzid, dans le centre-ouest de la Tunisie, et la police a procédé à des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes pour les disperser.

Des habitants protestant contre leur situation sociale se sont rassemblés et ont mis le feu à un pneu avant de le jeter à l’intérieur des locaux du gouvernorat. Des agents de la sécurité ont riposté en procédant à des tirs de sommation et de grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires.

« Voici de nouveau la police de Ben Ali », ont crié les manifestants en lançant des pierres en direction des forces de l’ordre.

Ils faisaient référence au président déchu Zine El Abidine Ben Ali, chassé en janvier 2011 par une révolte populaire entamée suite à l’immolation d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid.

Les manifestants ont aussi tenté d’incendier le local du parti islamiste (Ennahda) qui dirige le gouvernement. Certains ont cassé la porte d’entrée et saccagé les bureaux situés dans un immeuble du centre-ville. (…)

Le Monde

«La Tunisie est aujourd’hui islamiste»

Pour Nicolas Clinchamps, maître de conférences de droit public Université de Paris 13 – Nord – Sorbonne Paris Cité, en Tunisie «les signes se multiplient vers toujours plus d’islam depuis la Révolution».

Les déclarations d’Abu Yaârab Marzouki, un conseiller auprès de la présidence de la République, qui considère «le tourisme comme étant une forme de prostitution» augurent d’une sombre saison (Le Temps, 19 juillet 2012).

Le président Moncef Marzouki a déclaré devant les députés français que la Tunisie n’était pas tombée dans l’escarcelle des islamistes, mais dans celle de la démocratie. Le processus de transition démocratique doit être non seulement souligné, mais, surtout, fermement soutenu en Tunisie. En ce sens, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartelonne, a plaidé, dans son discours d’accueil au président tunisien, pour une compatibilité entre islam et démocratie.

Alors qu’Habib Bourguiba convoquait les caméras de télévision pour ôter le voile des femmes au lendemain de l’indépendance, celles qui ne le portent pas sont désormais en passe de marginalisation. Le nikab se banalise et les boutiques de prêt-à-porter l’exposent dans leurs vitrines. Les murs se couvrent de graffitis islamiques appelant au jihad, et menaçant de mort ceux qui insulteraient, par leurs paroles ou actes, Dieu et son prophète. Sur les plages, les Tunisiennes qui osent se baigner en bikini se comptent sur les doigts d’une main. […]

Les travaux de l’ANC semblent s’orienter vers l’instauration d’un régime parlementaire. Au-delà de ce paravent constitutionnel, il faudra scruter à la loupe la réalité de la séparation des pouvoirs et la loi électorale – découpage électoral et mode de scrutin – pour connaître les véritables intentions démocratiques des islamistes et de leurs alliés de troïka.

Nous saurons alors si la Tunisie est bien tombée dans l’escarcelle de la démocratie.

Le Monde

Ramadhan : il n’y a pas pire crime que de criminaliser les non-musulmans au nom de la Charia

Au rythme où vont les choses la Tunisie sera bientôt régie par la Charia, qui fera partie intégrante de l’Oumma islamique telle le nord du Mali où la Charia fait loi qu’Ennahdha la secte des caniveaux wahhabites appelle de tous ses voeux au grand désespoir des tunisiens.

Déjà dès demain les lois de l’Islam vont gouverner pendant un mois la vie de tous les tunisiens, musulmans ou non ainsi que tous les visiteurs étrangers, et gare à celui qui les enfreint.  La règle est simple : tout le monde sans exclusive doit se soumettre aux dogmes oppressants et liberticides de l’Islam qui interdisent par conséquent tout traitement dérogatoire. L’espace public est colonisé par la religion. 

Tous ceux qui hasardent à afficher leur différence tombent automatiquement sous les Fourches Caudines des lois de l’Islam, traités en criminels comme s’ils se rendaient coupables de troubles de l’ordre public.

Un acte élémentaire tel que boire un verre d’eau dans la rue expose le contrevenant aux affres des lois de l’Islam.  

Tout au long de ce mois, tous les hommes subissent les mêmes contraintes religieuses et sont logés à la même enseigne en appliquant et observant scrupuleusement malgré eux des lois qui ne sont pas les leurs et qui devraient relever en toute logique du domaine privé. Un respect dont le contenu et les limites sont définis par la religion qui impose en réalité les mêmes règles de jeu aux musulmans et non-musulmans auxquels elle dénie tout droit à la différence. Elle les traite comme s’ils étaient des musulmans malgré eux.

Paradoxalement, cette même religion réclame aux pouvoirs publics occidentaux d’avoir un statut de plein droit au titre des libertés de culte.

Chez elle elle ne reconnaît aucune liberté à ceux qui ne sont pas dans son moule.

Tant que l’Islam ne reconnaît pas les mêmes droits aux musulmans et aux non-musulmans considérés comme impurs à ses yeux, il est à douter puisse être une religion à part entière.

Tant qu’elle pratique l’apartheid à l’égard des non-musulmans au nom de ses dogmes, l’Islam continuera à être une religion inique, injuste, inhumaine et partiale, et ne pourra pas oeuvrer pour le bien-être commun et la compréhension mutuelle. (…)

Tunisie news

Rached Ghannouchi : «En Islam, il n’y a pas de séparation absolue entre le religieux et le politique»

Invité sur le plateau d’Express Fm, aujourd’hui 18 juillet 2012, le président réélu d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a affirmé que les 281 Nahdhaouis qui n’ont pas voté pour lui sont la preuve vivante de la pluralité au sein du parti.

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Ghannouchi a ajouté que les avis diffèrent, mais que tous les membres d’Ennahdha sont unis sous l’égide de l’Islam. A ce titre, il a affirmé avec humour que Abdelfattah Mourou est très souvent complètement à l’autre rive de ce que, lui, pense, mais ceci n’empêche pas qu’il soit l’un des plus proches de son cœur ! Rached Ghannouchi a également affirmé qu’Ennahdha tend à lancer un message de cohabitation et de tolérance entre tous les Tunisiens.

Par ailleurs, M. Ghannouchi a rappelé qu’en Islam, il n’y a pas de séparation absolue entre le religieux et le politique, en citant comme exemple le Prophète qui était, à la fois, Prophète, imam et leader d’une nation. (…)

Business news

France : à l’Assemblée, Marzouki prône « l’islam démocratique » en Tunisie

Président de la République tunisienne, Moncef Marzouki s’exprimait mercredi devant les députés, au deuxième jour de sa visite en France. Dans son discours, il a rappelé qu’une « fraction de la France » avait soutenu la dictature tunisienne de Ben Ali, avant la révolution de janvier 2011. Mais le chef de l’Etat a surtout insisté sur l’amitié franco-tunisienne, et sur sa relation avec ses partenaires islamistes qui dominent le gouvernement dans son pays.

Tourner une page dans les relations franco-tunisiennes pour mieux continuer la « longue histoire commune ». Tel était le message de Moncef Marzouki, le président de la Tunisie élu en décembre dernier, aux députés français. Le chef de l’Etat est devenu mercredi le 17e dirigeant étranger à s’exprimer à la tribune de l’Assemblée nationale, au deuxième jour de sa visite en France.

Son déplacement avait pour but d’ »effacer les traces » des tensions entre les deux pays, comme il l’avait affirmé aux côtés de François Hollande la veille. Le pouvoir tunisien reproche en effet à l’ancien gouvernement français son attitude lors de la révolution tunisienne, l’accusant de ne pas avoir soutenu la transition démocratique et, au contraire, d’avoir voulu conforter le régime de Ben Ali. Moncef Marzouki, qui s’en était pris dans les colonnes du JDD en début d’année à « l’esprit colonial » de la France, n’a pas voulu régler ses comptes dans l’hémicycle, déserté par bon nombre de députés de droite. Le président tunisien s’est contenté d’affirmer qu’ »une fraction de la France officielle a soutenu, directement ou indirectement, la dictature qui nous a opprimés ». Un passage longuement applaudi par les élus de gauche.

« Mais la partie essentielle de la France, celle des partis et des syndicats, des organisations de la société civile, la France des médias, des intellectuels et des simples citoyens, la France qui m’a donné asile, ne nous a jamais fait défaut et nous a soutenus autant qu’elle le pouvait »

a ajouté Moncef Marzouki, qui fut réfugié pendant dix ans en France, de 2002 à 2011. (…)

Le JDD

Les noirs de Tunisie feront-ils leur révolution ?

Minorité silencieuse, les noirs de Tunisie s’expriment désormais librement sur le racisme.

«La communauté a besoin de reconnaissance et non de complaisance, monsieur le ministre.»

Ce cri de révolte de Saadiah Mosbah, adressé à l’ex-ministre de la Réforme administrative, Mohamed Abbou, le 6 juin 2012, marque l’indignation de la «minorité» noire en Tunisie, qui sort aujourd’hui de son silence.

Le ministre en question avait tenté de résoudre le problème de la diversité au sein des institutions en proposant de remplacer l’ambassadrice actuelle de Tunisie à Malte par une personne de «couleur».

Or cette discrimination positive est très mal passée auprès de la communauté, même si elle a marqué la première reconnaissance politique du problème, comme le dénonce cette jeune femme noire tunisienne:

«Il faudrait déjà commencer par une reconnaissance des noirs en Tunisie avant de parler de discrimination positive.»

La maladresse du ministre a mis à jour une réalité de plus en plus dénoncée depuis la révolution: celle du racisme, non pas institutionnel, mais est bel et bien social qui touche les noirs au quotidien.

Ni une minorité, ni une communauté, la population noire est pourtant bel et bien présente en Tunisie, depuis plusieurs siècles.

En majorité concentrés dans le sud de la Tunisie, ces citoyens tunisiens, jusqu’à présent discrets, dénoncent leur malaise de citoyens marginalisés. Deux problèmes majeurs les ont fait sortir de ce statut de «minorité silencieuse»: le racisme et la discrimination dont ils sont victimes. (…)

Slate Afrique

Carrefour-Tunisie : Tata Ramadana vend des hidjabs ?

(…) Sur la couverture du prospectus « Ramadan » de Carrefour Tunisie, on ne voit qu’elle : Khalti Ramadana (sic), qui dévoile dans ce catalogue ses conseils pour permettre aux Tunisiens de faire leurs courses. « Khalti » signifie « tante », « tata ». Tata Ramadana est ridée et porte un foulard à la manière des grands-mères dans les campagnes du Maghreb. Elle doit donc être de bons conseils. (…)

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Pour le reste, le catalogue est un catalogue classique, dans l’esprit Carrefour que l’on connaît ici en France, avec des produits adaptés à la clientèle du pays. A quelques détails près et non des moindres.

On trouve en effet dans ce catalogue des produits qu’il était impensable de trouver il y a encore quelques mois, comme l’indique un internaute tunisien sur Twitter. Notamment des ouvrages islamiques, des classiques en hadith ou en jurisprudence (fiqh).

Mais aussi, ce qui représente un vrai changement post-Ben Ali, un hijab… maquillé en « écharpe pour femmes ». (…)

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Al-Kanz

Ni « Café » ni « Chocolat » à la radio tunisienne pendant ramadan

Deux journalistes de la radio publique tunisienne RTCI sont en conflit avec leur direction. Les titres de leurs émissions, « Chocolat chaud » et « Café noir », sont considérés par la direction comme incompatible avec la période de ramadan.

Nadia Haddaoui et Najoua Zouhaier, journalistes de la radio RTCI,  »qui assurent les émissions «Chocolat Chaud» et «Café Noir» sont sommées de changer le nom de leur émission en vue de l’arrivée du Ramadan« ,raconte le site tunisien EspaceManager.

RTCI estime, selon le site, « que «Chocolat Chaud» et«Café Noir» ne sont pas appropriés en période de jeûne et que cela risque de choquer les auditeurs. »

Les deux journalistes assurent que « les décideurs de la chaîne avec à leur tête le PDG et la directrice Donia Chaouch » leur ont déclaré : « Vous obéissez et vous vous taisez. » [...]

Arrêt Sur Images

Tunisie – Vierges à tout prix ?

Si la virginité avant le mariage est un sujet connu en Tunisie, la revirgination ou la pratique de réparation de l’hymen est plus tabou. Dans un livre intitulé «Vierges? La nouvelle sexualité des tunisiennes», la psychanalyse Nédra Ben Smaïl explore les enjeux du phénomène.

«La revirgination s’inscrit dans le cadre d’un nouveau départ, qui «efface» toute marque de vie sexuelle antérieure au mariage, un instrument qui introduit une forme de déni d’une vie amoureuse et sexuelle, précédente, réinscrivant le corps opéré dans l’ordre social.»

Ainsi, de plus en plus de tunisiennes ont recours à l’hyménoplastie, intervention chirurgicale permettant de se refaire un hymen moyennant entre 600 et 1000 dinars.

Certes, l’opération existe depuis plusieurs années en Tunisie, la demande ayant été introduite dès les années 70, mais l’auteur s’appuie sur les nouvelles implications sociologiques de ce genre de pratique, dans le contexte de la Tunisie post-révolution. Entre les témoignages de médecins pour qui l’opération est devenu un business mais aussi un problème éthique, et les récits des patientes, le premier constat est clair:

la revirgination est en recrudescence en Tunisie, reflétant un certain malaise social sur la question de la sexualité. (…)

Slate Afrique

Noirs Tunisiens : honte noire et déni blanc

Quelle erreur sémantique que de parler de Noirs de Tunisie ! Un peu comme si chaque pays devait avoir son lot. Une communauté à part, un peu différente et dont on ne serait pas vraiment sûr du lien ni de l’attachement patriotique. Heureusement il y a toujours une lueur quelque part. En l’occurence l’association Adam pour l’égalité et le développement qui lutte contre les idées reçues.

Lors d’une conférence organisée à Tunis, elle a distribué des lettres et des textes rédigés par des Noirs Tunisiens. Sur la page d’intro on peut lire une mise au point nécessaire : «…Noirs Tunisiens ou Tunisiens Noirs. Peu importe la position des mots ; que cela soit dans un sens ou dans l’autre, ces hommes et ces femmes continuent d’être méprisés, sous-estimés, dénigrés. Pourtant ils sont Tunisiens. Ils le sont bel et bien ! »

« Les noirs sont des délinquants. Ils sont pauvres et c’est normal ils sont tous fils d’esclaves. Et en plus ils puent. »

Voilà ce que disent nos bouches tous les jours. Et si elles se taisent nos yeux le disent à leur place. (…)

A Gabès, région où une forte communauté noire tunisienne vit, comme ailleurs dans le pays, les mentalités sont sclérosées, en particulier chez les adultes. Asma a grandi dans le sud. Elle explique que les populations se côtoyaient, mais de là à échanger… Et c’est d’ailleurs ce qui est incroyable pour Maha :

« Tous les mariages mixtes se passent mal. Mais nous sommes tout de même capables de cohabiter ! »

Pour le sociologue Mohamed Jouili, il est aujourd’hui question de permettre aux Noirs de se construire une idéntité et une histoire. Parce qu’en se connaissant mieux on avance. Les Noirs sortiront ainsi de leur malaise et les Blancs apprendront à leur faire la place qu’ils méritent dans la société. Peut-être que petit à petit l’idée d’égalité s’installera. Après tout avec 10% de sang noir qui coule dans les veines de chaque Tunisien il faudra bien finir par accepter que nous partageons plus qu’une carte d’identité. (…)

Nawaat

Tunisie : Ennahda, un parti comparable à la démocratie chrétienne ou au nazisme ?

Si le parti islamiste tunisien Ennahda se réclame d’une démocratie islamique analogue à la démocratie chrétienne telle qu’elle est représentée par le parti conservateur CDU, pour Abdelwahab Meddeb, écrivain et professeur de littérature comparée à Paris-X-Nanterre, il vaudrait mieux faire un parallèle avec le parti nazi.

En Tunisie la situation gagne en tension. Les salafistes s’attaquent au monde des arts et de la culture. Et les autorités gouvernementales islamistes prétendument modérées renvoient dos à dos ceux qui sèment la terreur et les artistes assimilés à des agents provocateurs extrémistes. […]

J’écris ce texte pendant ma résidence à Berlin. Or l’histoire de l’Allemagne propose des séquences capables d’éclairer les événements de Tunisie. Les islamistes d’Ennahda se réclament d’une démocratie islamique analogue à la démocratie chrétienne telle qu’elle est représentée, par exemple, par le parti conservateur CDU, d’où émane le gouvernement dirigé par Angela Merkel. Or les démocrates-chrétiens ne s’immiscent jamais ni dans la création artistique ni dans les moeurs. Leur conception de la liberté n’est pas limitée par le sacré.

Berlin accueille quelque 20 000 artistes, qui vivent et créent dans la liberté absolue, sans la moindre contrainte morale. […]

Le Monde