Bientôt une carte de séjour permanente ou la nationalité française pour les «chibanis» de France ?

Les conclusions de la mission parlementaire sur les immigrés âgés créée en novembre 2012 dans le but d’améliorer leur situation en France et présidée par le député UMP Denis Jacquat en France, dits les chibanis, ont été annoncées ce mercredi. Elles concernent 800 000 immigrés de plus de 55 ans vivant en France, dont 350 000 sont âgés de plus de 65 ans

Pour améliorer leurs conditions de vie en France, le rapport présenté recommande, notamment, de leur octroyer une carte de séjour permanente sous conditions, et la nationalité pour ceux qui sont présents depuis 25 ans au moins sur le territoire français.

Dans son rapport, la mission parlementaire a également recommandé de « permettre aux étrangers ascendants de Français et présents sur le territoire depuis 25 ans » d’obtenir la nationalité française. «Cela constituerait une marque significative de reconnaissance» et répondrait à «l’attente d’une part non négligeable d’immigrés vieillissants», a souligné le rapporteur et député PS Alexis Bachelay. […]

A en croire le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, des amendements sur la question seront soumis au vote prochainement «à l’occasion du futur projet de loi sur l’immigration». «Les personnes âgées immigrées qui ont tant contribué à la construction de notre pays au cours des Trente Glorieuses vivent désormais dans des conditions dignes», a-t-il déclaré en conférence de presse.[…]

Cette mission d’information a «tordu le cou à des idées reçues qui font le bonheur du populisme», a-t-il ajouté. «Non, les immigrés âgés n’abusent pas des droits sociaux auxquels ils ont accès. Non, ils n’abusent pas des services de santé. Bien au contraire.»

Aujourd’hui en France, sur les 350 000 immigrés âgés de plus de 65 ans, 40% ont acquis la nationalité française. Son obtention leur permet, notamment, d’organiser «plus librement» leur retraite entre la France et leur pays d’origine et d’éviter de faire des allers-retours contraints entre les deux rives.

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«Nous vivons la décomposition d’une société qui pendant les Trente Glorieuses progressait chaque année»

Interview de Dominique Schnapper, sociologue, membre du conseil scientifique de la Fondapol et ancienne membre du Conseil constitutionnel, sur la démocratie en Europe.

Je suis une farouche militante de la suppression pure et simple de tout cumul de mandat. On multiplierait la classe politique mécaniquement par deux ou trois. On la rajeunirait, on l’ouvrirait aux enfants d’immigrés, aux femmes. On aurait tout de suite 40 000 enfants et petits-enfants d’immigrés qui se sentiraient activement des citoyens français.

Comment renouveler la légitimité d’une démocratie qui devient de plus en plus apathique ; on le constate à chaque élection avec le taux d’abstention croissant ?

[…] Nous sommes dans des sociétés confortables. Le risque existe que la recherche du bien-être prenne la place de la participation du citoyen. Néanmoins la France est une nation très politique, depuis la Révolution, qui conserve une dimension de civisme, mais il est vrai que les citoyens des démocraties européennes risquent de penser avant tout à leur intérêt matériel plutôt qu’à leur participation politique. […]

Le chômage et le déclassement social expliquent-ils la montée du Front National et des populismes ?

C’est l’un des facteurs. Les populations qui ont le sentiment d’être déclassées, ou que leurs enfants connaitront un destin social moins favorable que le leur, ont tendance à chercher des boucs émissaires. Il y a aussi une évolution des sociétés démocratiques qui sont plus jouissives que citoyennes, avec en toile de fond un sentiment de déclin de l’Europe et de la nation.

Il y a donc un ensemble de phénomènes dans lequel le chômage joue un rôle. Nous vivons la décomposition d’une société qui pendant les Tentes Glorieuses progressait chaque année même si à cette époque nous étions moins prospères qu’aujourd’hui. C’était une société en progrès ou chacun avait le sentiment que ses enfants vivraient mieux. Les premières générations de travailleurs immigrés ont accepté de travailler durement dans les usines parce qu’ils venaient de sociétés très pauvres et qu’ils étaient convaincus que leurs enfants auraient un avenir meilleur que le leur. C’est ce sentiment d’avenir qui a largement disparu. Il faut donc voir les Trente Glorieuses plus comme un moment d’espoir que comme un moment de jouissance et de bien-être. […]

Le modèle de l’État-nation est-il compatible avec le fédéralisme européen ?

[…] Les peuples se reconnaissent mal dans les institutions européennes telles qu’elles existent aujourd’hui. […] Il faudrait transférer la participation politique du niveau national au niveau européen. Or le niveau européen est, en tous cas pour l’instant, beaucoup plus abstrait que le niveau national. Pour l’instant le lien entre la nation et la démocratie est fort. C’est un lien historique et non structurel mais on ne peut le négliger pour autant ; jusqu’à présent la démocratie a toujours été nationale.

Blog Trop libre via Saphirnews

France : L’immigration, une «chance inouïe» pour l’école

Pour la directrice Marie-Rose Moro, pédopsychiatre et directrice de la Maison de Solenn, Maison des adolescents de Cochin, l’immigration est une chance pour le système scolaire français.

C’est une chance inouïe d’avoir dans une même classe des cultures différentes, des enfants polyglottes. La France de demain, c’est eux.

Vous êtes vous-même un exemple de l’école de «la diversité». Que mettez-vous derrière ce terme et en quoi est-ce une chance ?

Fille d’Espagnols, je suis arrivée en France, dans les Ardennes, à l’âge de neuf mois. C’était dans les années 1960. […] Je ne crois pas à l’idée largement partagée d’un âge d’or de l’école des Trente Glorieuses qui accueillait merveilleusement les enfants de l’immigration. Être enfant de migrant à l’école française n’a jamais été facile. [.]

Edgar Morin disait récemment que si on avait tant de mal à accueillir les migrants, c’est qu’on ne croit plus au lien social. Je pense qu’il a parfaitement raison. Je ne suis d’ailleurs pas contre l’entraide au sein même de la communauté. Ça ne nous choque pas pour les Asiatiques, alors pourquoi les Maghrébins n’auraient-ils pas le droit de s’entraider ? […]

Vous citez l’historien Pap Ndiaye et sa notion d’identité cosmopolite. Pourquoi a-t-on tant de mal en France à promouvoir cette idée ?

Cela fait un bien fou de voir l’identité multiple, mouvante, épaisse que j’ai acquise enfin théorisée en France. C’est tellement anglo-saxon comme idée ! Finalement, Édouard Glissant dit la même chose avec ses mots de poète : plus on accepte les singularités, plus on accède à l’universel.

Vous évoquez un islam qui cristallise les craintes. Comment expliquez-vous que l’école soit l’un des révélateurs de cette xénophobie ?

Depuis quelques années, l’islam est en effet devenu un ennemi commun idéal, voire la raison de tous nos maux. On l’a vu pendant l’affaire Merah, qui continue aujourd’hui de déchaîner les passions, mais surtout avec les événements du 11 Septembre. Et il est vrai que l’école continue d’entretenir une discrimination implicite. Il n’y a qu’à lire la récente étude qui révèle qu’il existerait un lien entre prénom et réussite au bac pour s’en assurer. Je ne suis absolument pas étonnée de voir qu’une Madeleine ou un Côme ont plus de chances d’avoir une mention que Mohamed ou Fatima. C’est une réalité qui est connue de tous ceux qui s’occupent des enfants. Et, pire encore, des enfants eux-mêmes. Et c’est de là que viennent les tensions. […]

Est-ce pour cette raison que vous préconisez la discrimination positive ?

Absolument. Et je n’ai pas peur de le dire. Bien sûr, il ne faut pas le faire pendant cinquante ans, mais c’est une phase incontournable. Dans toutes les classes d’excellence devraient être scolarisés des enfants de migrants ou d’un niveau social moins favorisé. […]

Le Point (Merci à Bourgmestre)

Poursuite de l’immigration ou maintien de la protection sociale : il va bientôt falloir choisir

Tribune libre de Paysan Savoyard

Malgré l’ampleur du chômage, malgré l’énormité des dépenses collectives induites par l’immigration, la situation de la classe salariée ne s’est pas encore trop nettement dégradée. Cela pourrait rapidement changer.

La fin des Trente glorieuses a précédé de quelques années l’arrivée au pouvoir, aux Etats-Unis puis en Europe, de gouvernements menant des politiques économiques libérales et mondialistes. Ces politiques ont conduit, comme on le sait, à l’enrichissement de la classe dominante, à la baisse de l’imposition des plus riches, à un partage de la « valeur ajoutée » moins favorable aux salariés, à un chômage persistant et de grande ampleur, à un creusement des écarts.

Dans le même temps l’immigration extra européenne, apparue au début des années 60, est rapidement devenue massive. Elle se poursuit au même rythme, générant des coûts sociaux considérables. Présentant le plus souvent une situation sociale défavorable (notamment parce qu’ils sont souvent sans emploi), les immigrés acquittent en effet des cotisations et des impôts faibles, tandis qu’ils bénéficient d’un effort considérable de la collectivité en leur faveur (en matière de logement, de santé, d’éducation, d’allocations et de prestations multiples).

 

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Pour le retour de la croissance : « Il faut favoriser l’immigration »

Deux économistes proposent un plan ambitieux pour la France… Le déclin de la France, Karine Berger et Valérie Rabault n’y croient pas. Dans « Les Trente Glorieuses sont devant nous », un essai édité hier, ces deux économistes plutôt ancrées à gauche défendent une thèse optimiste: oui, le pays peut renouer la réussite économique et sociale, à condition d’investir beaucoup et rapidement, de favoriser l’immigration, et de refaire confiance au «modèle économique français».

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Immigration : Les Trente Glorieuses (Vidéo)

Extrait du DVD Histoire et mémoires des immigrations produit par le Centre Régional de Documentation Pédagogique de Créteil. L’historienne Marie-Claude Blanc-Chaléard revient sur l’immigration en France dans le contexte historique des Trente glorieuses.

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Les trente glorieuses : une combinaison réussie d’étatisme et d’économie de marché

Tribune libre de Paysan Savoyard

La période qui commence après la guerre et va durer jusqu’au milieu des années 70 sera marquée par une forte croissance économique et va permettre un enrichissement considérable d’une population elle-même en forte augmentation : un économiste la désignera comme la période des « trente glorieuses ».

Le système économique et social mis en place après la guerre en France et dans les principaux pays d’Europe occidentale est probablement pour une bonne part à l’origine de la forte croissance. Il repose sur les trois piliers suivants :

La société et l’économie dans leur ensemble sont désormais organisées en vue de la production et de la consommation de masse. Il s’agit là d’une application, en France et en Europe, du modèle américain, les crédits apportés par les États-Unis dans le cadre du plan Marshall constituant un élément d’incitation à imiter le système devenu dominant (les éléments du dispositif de production et de consommation de masse sont connus : taylorisme, publicité, durée de vie des produits volontairement limitée, grandes surfaces commerciales…).

Cette société de production et de consommation de masse repose sur le mécanisme dit du « compromis fordiste ». Les employeurs doivent distribuer des salaires d’un niveau suffisant afin que les salariés puissent consommer la production des entreprises : les salaires créent ainsi un débouché à la production (de façon plus précise, le compromis fordiste postule que la croissance du niveau des salaires doit suivre celle de la productivité du travail).

Le système mis en application prévoit enfin l’intervention d’un État puissant. L’économie repose sur le marché, mais elle est encadrée et régulée par un État fortement interventionniste.

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35 ans de difficultés économiques et sociales… qui n’auraient pas dû avoir lieu

Tribune libre de Paysan Savoyard

Posons cette question simple : dans quelle situation, du point de vue économique et social, la majorité de la population française se trouve-t-elle et comment cette situation a-t-elle évolué ces dernières années ?

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On peut répondre rapidement de la façon suivante : la condition de la grande majorité de la population française s’est fortement améliorée au cours des « trente glorieuses. » Puis, à partir du milieu des années 70 (période au cours de la laquelle se produit une crise économique brutale), la position d’une partie significative de la population a cessé de se bonifier et a même commencé à se dégrader : le chômage massif s’installe ; le partage de la valeur ajoutée devient moins favorable aux salaires ; l’imposition se concentre sur la classe moyenne ; les premiers durcissements du système de protection sociale interviennent.

Ce processus de dégradation est jusqu’à présent resté limité. La catégorie la plus nombreuse, celle des salariés, a pu même bénéficier, encore récemment, de différentes améliorations : 5e semaine (1982) ; retraite à 60 ans (1982) ; 35 heures (2000), cette dernière mesure ayant constitué une réforme très favorable pour une partie des salariés, notamment les fonctionnaires et les cadres. Un durcissement du régime de retraite est intervenu (en 1993 pour le secteur privé, en 2003 pour la fonction publique) mais il est jusqu’ici resté modéré. Quant au chômage, il est certes demeuré massif, mais son impact a été amorti par les nombreux dispositifs de « traitement social. »

Cependant le sentiment dominant au sein de la société française est que la période favorable inaugurée dans les années 50 à désormais définitivement pris fin ; que la situation va maintenant se dégrader de façon continue et sérieuse ; et que la position des jeunes générations devrait être significativement moins bonne que celle qu’ont pu connaître les classes d’âge précédentes.

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Economie : que faire ?

Par Patrick Reymond

Les différentes solutions sont très simples et ramènent à un monde antédiluvien : les Trente Glorieuses.

Lesdites années se sont caractérisées, non pas par une forte croissance, mais par un certain paramétrage, qui a permis la croissance.

D’abord, il faut purger la dette.

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