sexisme
«Homophobie, un mot trop gentil » (màj)
Tribune de Sylvain Bourmeau dans Libération
Imaginerait-on devoir parler de noirophobie ou de femmophobie plutôt que de racisme ou de sexisme ?
Homophobie est un mot gentil. Trop gentil. Pas le plus approprié pour désigner des discours et des comportements discriminatoires envers les homosexuels, l’irrationnelle phobie ainsi soulignée venant presque les expliquer, si ce n’est les justifier, au nom d’une supposée pathologie.
Il nous manque donc un mot plus juste, c’est-à-dire plus sévère, pour qualifier ce que, depuis quelques mois, nous entendons plus fort qu’auparavant, de façon décomplexée comme aime désormais à se qualifier une certaine droite : ce flot de paroles souvent anodines et parfois hargneuses, ces actes souvent négligeables mais parfois violents, libérés, déverrouillés par l’attitude complaisante de quelques (ir)responsables politiques. Car la peur qui nous inquiète, c’est plutôt celle qu’éprouvent au quotidien nombre de gays et lesbiennes qui se sentent à raison en insécurité. […]
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Complément 1: Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction de Libération, ex-directeur adjoint des Inrockuptibles. est resté dans les mémoires pour avoir déclaré que l’arabe était « une langue de France » (voir la vidéo ci-dessous)

Complément 2: Quant à l’insécurité, il écrivait notamment le 19 aout 2012 dans Libération.
«Revenue au pouvoir , il est plus que temps que la gauche (…) renoue avec ses principes et démontre clairement que le réalisme se situe du côté de ceux qui jamais ne cherchent à attiser les peurs en confondant, par exemple, insécurité et sentiment d’insécurité.»
Envoyé spécial : Harcèlement de rue (MàJ vidéo)
Addendum du 21 mars 2013
Envoyé Spécial :
Harcèlement de rue. Une journaliste a filmé ses déplacements dans les rues et les transports parisiens. Elle a enregistré des agressions verbales et sexuelles.
J’ai fait ce reportage car au moment de la diffusion du reportage de Sophie Peeters, on a dit que ça n’existait pas en France.
Pour les harceleurs de rues, les hommes qui m’abordaient étaient surtout jeunes, majoritairement d’origine étrangère. J’ai ressenti beaucoup de frustration.
Saint-Ouen (93) : La première crèche qui nie la différence entre filles et garçons
Après la Suède, pays qui a largement développé les crèches «qui traite de façon indifférenciée les garçons et les filles», c’est au tour de la France dont la première crèche basée sur ce modèle a été ouverte à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis.
«La crèche Bourdarias s’inscrit [...] bien dans un projet global du gouvernement à agir sur les modèles éducatifs pour promouvoir dès le berceau l’indifférenciation des sexes». (Stéphane Clerget, pédopsychiatre)
Par l’ouverture de la crèche Bourdarias, «l’objectif assumé» du gouvernement est de «lutter contre les préjugés ‘sexistes’ dans l’éducation pour promouvoir l’égalité homme/femme » […]
genethique (Merci à Rozenwyn)
Télévision : le CSA compte modifier la loi pour imposer plus de femmes sur nos écrans.
Parce qu’elles sont sous-représentées à la télévision, le CSA compte modifier la loi pour imposer plus de femmes sur nos écrans.
La télévision, toujours aussi macho. Alors qu’elles représentent 52% de la population française, les femmes sont sous-représentées sur notre petit écran : 35% seulement des personnes qui passent à l’antenne ! Selon les domaines de compétence, l’expertise masculine est toujours privilégiée révèle le baromètre de la diversité TNS-CSA. Dans le sport, elles sont seulement 14%, 33% dans l’information, 34% dans les fictions, 35% dans les documentaires et magazines, 40% dans le divertissement.
Dans certaines émissions comme « C dans l’air » sur France 5, les invités sont quasi-toujours des hommes. Une aberration alors que le féminin « Elle » a récemment publié le guide des expertEs capables de faire aussi bien si ce n’est mieux que les hommes. Notons toutefois les efforts de certaines chaînes, comme France 2, qui a récemment imposé Céline Géraud à la tête d’un magazine qui sent pourtant fort la testotérone, « Stade 2″.
Sylvie Pierre-Brossollette, ex-rédactrice en chef au Point et désormais Sage au CSA souhaite inverser significativement la tendance. « Malgré toutes les bonnes résolutions des chaînes, rien ne bouge. C’est terrifiant de voir combien les femmes sont absentes des plateaux, où 20% d’expertes seulement sont conviées », déplore-t-elle dans Le Parisien/Aujourd’hui en France. Comment agir ? En inscrivant dans la loi audiovisuelle une obligation de parité.
La loi bientôt modifiée
« Il faut des obligations de résultats, détaille Sylvie Pierre-Brossolette. Nous allons proposer au gouvernement des modifications de la loi de 1986 pour donner plus de pouvoir au CSA (…) Il s’agirait d’ajouter dans la loi l’idée que le CSA veille à une juste représentation des femmes dans tous les programmes et à l’image de la femme qui est véhiculée ».
Grâce à cette modification, la Haute Aurorité aurait alors le pouvoir de sanctionner les chaînes, même de manière financière. « J’espère ne pas devoir en arriver là », explique l’ex-journaliste, pourtant bien décidée à féminiser le petit écran.
Le déclin du mâle blanc allemand
Bien sûr, les Allemands s’intéressent à la campagne électorale qui commence. L’augmentation du prix de l’énergie les inquiète. La situation au Mali ne les laisse pas indifférents. Mais ce qui les passionne ces jours-ci – du moins si l’on se fie à la place que la presse accorde au sujet -, c’est le sexisme de la société allemande.
Tout a commencé le 24 janvier avec le témoignage dans Stern (une sorte de Paris-Match allemand) d’une des journalistes de la rédaction. Agée de 29 ans, Laura Himmelreich accuse Rainer Brüderle, président du groupe parlementaire libéral, d’avoir eu à son égard un comportement « inapproprié ». (…)
Bien sûr, Die Zeit consacre la semaine suivante un de ses éditoriaux à la question, estimant que « cela fait des années » que l’Allemagne n’a pas eu un tel débat. Comme le Spiegel Online,
Die Zeit voit dans cette polémique un signe supplémentaire du déclin du mâle blanc : « Les règles non écrites du vieux jeu entre les hommes et les femmes se renouvellent », peut-on lire. Puis ceci : « Est-ce qu’un homme doit avoir peur d’aller en prison s’il fait un compliment à une femme ? Quelle absurdité. »
Dans ce pays très à cheval sur l’égalité formelle – un homme qui tient la porte pour laisser passer une femme est parfois regardé avec suspicion -, les femmes restent largement discriminées et souvent cantonnées à des tâches subalternes. Dans le magazine Focus du 4 février, qui consacre sa couverture à la question : « Que peut encore se permettre un homme ? », Hannelore Kraft apporte un témoignage intéressant. La puissante ministre-présidente sociale-démocrate de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie remarque : « Plus j’ai gagné en influence, moins j’ai été importunée. Car le sexisme est un instrument de pouvoir. Personne n’est sexiste pour être spirituel. C’est le contraire d’un flirt. Le sexisme va être précisément utilisé pour montrer son pouvoir. » En provoquant ce débat, Rainer Brüderle a peut-être, à son corps défendant, fait légèrement progresser la cause des femmes allemandes.
Sandrine Mazetier veut changer le nom de l’école maternelle
Addendum :
Sandrine Mazetier
Son engagement politique commence en 1986 avec le mouvement étudiant contre le projet Devaquet. D’abord sympathisante du Parti socialiste, elle y adhère en 1988 pour la campagne présidentielle de François Mitterrand. Son premier engagement socialiste est la lutte contre le Front National et ses possibles alliances avec la droite. Elle milite dès sa création au Manifeste contre le Front national.
(…) En décembre 2008, elle est nommée secrétaire nationale à l’immigration dans la nouvelle équipe dirigeante du Parti socialiste.
Lors de la primaire socialiste, elle apporte son soutien à Martine Aubry puis en juillet 2011, intègre son équipe de campagne pour l’élection présidentielle de 2012, chargée avec El Mouhoud Mouhoud de la thématique « Immigration ».
Wikipédia
« Ecole maternelle ». Cette façon d’appeler l’école des 2 à 6 ans ne plaît pas à Sandrine Mazetier, députée socialiste de Paris. Dans une question écrite au gouvernement elle propose de revoir cette terminologie qu’elle juge sexiste.
Dans la question qu’elle adresse à Vincent Peillon, la vice-présidente de l’Assemblée nationale explique que ce terme renvoie très directement aux femmes :
Cette dénomination institutionnelle laisse entendre que l’univers de la petite enfance serait l’apanage des femmes et véhicule l’idée d’une école dont la fonction serait limitée à une garderie.
Résultat, alors que le gouvernement présente et défend la réforme sur la « refondation de l’école », Sandrine Mazetier propose :
Remplacer ce nom genré par un nom neutre redonnerait symboliquement aux pères la place qui leur revient dans l’éducation de leur enfant, et repositionnerait l’école dans son rôle éducatif différent de celui des parents. « L’école maternelle » pourrait être rebaptisée « première école », ou encore « école élémentaire » si l’école couramment appelée primaire destinée aux 6-11 ans prenait officiellement le nom « d’école primaire ».
Le « Dictionnaire des écoliers », bourré de clichés sexistes. Provisoirement fermé par le ministère (Màj)
Addendum du 06/11/2012
La mise en ligne, il y a deux ans, d’un Dictionnaire numérique, sur le site de l’Éducation Nationale, écrit par des écoliers, a été suspendue lundi .
[...] Pour le ministère, « certaines définitions (…) ne sont pas admissibles en l’état ». « Même si le problème concerne une minorité de définitions », le ministère « a décidé sans attendre de suspendre la mise en ligne » sur le site Internet du Centre national de documentation pédagogique (CNDP). Le site « restera provisoirement fermé » dans l’attente d’une « révision » du processus de validation par le CNDP, et de « la relecture et réécriture » des définitions incriminées. En outre, le ministère a demandé à l’Inspection générale une « évaluation » de « l’ensemble du dispositif ».[...]
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05/11/2012 – «Des milliers de mots pour réussir à l’école», dont les définitions rédigées par des élèves de primaire s’avèrent parfois surprenantes voire choquantes. Le Dictionnaire des écoliers est un site web lancé par le Centre National de documentation Pédagogique au mois de juin 2011… et estampillé par le ministère de l’Education nationale.
Sur les réseaux sociaux, le site fait parler de lui. De nombreuses définitions à caractère sexistes ont été dégottées par les internautes. Ainsi, une «femme»pour des enfants du CE2 au CM2, «c’est une maman, une mamie ou une jeune fille. Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine». Par exemple, «Miss France est la plus belle femme de France». Le terme «dame», lui, s’utilise plutôt ainsi: «Ce mercredi matin, au supermarché, j’ai croisé une dame très bien habillée.»
Certes, mais alors un homme? «C’est un humain qui a de la barbe». Tout simplement. Le mot «père», renvoie en revanche à une définition plus complexe et sexiste: «C’est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d’enfants. C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme. On dit aussi papa». Et la mère? «C’est une femme qui a des enfants. On l’appelle maman ou mamounette». Aux yeux des enfants, c’est un mot qu’on utilise dans des phrases telles que «ma mère, c’est aussi la maman de mes frères et sœurs» ou, plus cliché, «ma mère repasse les affaires de toute la famille». C’est donc sans surprise que l’on découvre l’exemple donné pour le terme «ménage»: «Tous les dimanches, ma maman fait le ménage: elle rend la maison propre.» [...]
