Le mot du jour : Populisme

(tout est extrait de wikipédia sans aucune modification)

Définition :
Le populisme met en accusation les élites ou des petits groupes d’intérêt particulier de la société. Parce qu’ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l’appareil d’État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ». Afin de remédier à cette situation, le dirigeant populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité. Ces solutions sont présentées comme applicables immédiatement et émanant d’une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d’argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu’ils représenteraient.

Typologie des mouvements populistes européens :

  • Pays du Nord Europe : S’opposent aux transferts entre pays : Parti de la Liberté (Autriche), Parti du peuple Danois (Danemark) , Parti pour la Liberté (Pays-Bas) , Parti socialiste (Pays-Bas), Vrais Finlandais (Finlande)
  • Pays de L’Est Europe : Refusent de subventionner les pays les plus riches : Droit et Justice (Pologne), Fidesz (Hongrie), Jobbik (Hongrie), Liberté et solidarité (Slovaquie), Parti démocratique civique (République tchèque), Parti des citoyens libres (République tchèque)
  • Pays du Sud Europe : S’opposent à l’austérité : Front national (France), Ligue du Nord (Italie), Parti communiste (Grèce), SYRIZA (Grèce), Front de gauche (France), Gauche unie (Espagne)
  • Pays de l’Ouest Europe : Souhaitent prendre ses distances avec l’UE : Parti conservateur (Royaume-Uni) , Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Royaume-Uni)

bonus : résumé du documentaire ‘Populisme, l’Europe en danger’ de Arte

« le premier risque de la démocratie, c’est la tyrannie de la majorité »


lien du documentaire complet : VK

Le réalisateur Antoine Vitkine sur wikipédia :
Vitkine a fait partie du Think tank français, le Cercle de l’Oratoire, créé en 2001, ayant édité la revue atlantiste ‘Le Meilleur des mondes’.
Le Cercle de l’Oratoire est un cercle de réflexion français créé peu après les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, à New-York. Ce cercle de pensée, qualifié de néoconservateur, dispose, depuis 2006, d’une revue intitulée Le Meilleur des Mondes, fondée initialement pour défendre le bien-fondé de la guerre en Irak et s’opposer à la montée de l’antiaméricanisme en France.

Arte : Populisme, l’Europe en danger (maj vidéo)

Ce soir sur Arte :

Rappel : le président du conseil de surveillance d’Arte est Bernard-Henri LEVY (Arte)


Article du 06/04/2014 à 17h40

Documentaire diffusé le mardi 8 avril 2014 à 20h50

Alors que le mécontentement enfle face à la crise, les mouvements populistes espèrent triompher lors des élections européennes de mai 2014. Sont-ils réellement en marche vers le pouvoir ? Enquête sur les rouages d’un extrémisme florissant.

Ils prétendent parler au nom du peuple, dont ils épousent habilement les attentes. À chaque problème, ils offrent invariablement les mêmes réponses : haro sur l’immigration, l’Europe et les élites. Marine Le Pen en France, Geert Wilders aux Pays-Bas, Beppe Grillo en Italie… : à grand renfort de formules chocs et de rhétorique simpliste, les leaders de ces mouvements, qui ont réussi à se construire une façade respectable, captent l’adhésion de citoyens toujours plus nombreux.

À l’échelle européenne, certains d’entre eux choisissent désormais de s’allier pour conquérir le Parlement, comme la présidente du Front national et le chef de file de l’extrême droite néerlandaise, qui espèrent triompher lors des élections de mai 2014. Comment expliquer le succès grandissant de leurs formations? Sont-elles en marche vers le pouvoir ?

Antoine Vitkine (Mein Kampf, c’était écrit ; La guerre invisible) a enquêté aux quatre coins de l’Ancien Continent, filmant à hauteur d’homme les principaux protagonistes de la campagne pour les élections européennes, des électeurs aux chefs populistes, qui se livrent ici avec une rare liberté de ton. Il analyse les discours et les méthodes de ces formations tout en sondant les colères, les peurs et les frustrations sur lesquelles elles prospèrent. Un documentaire coup de poing au cœur des rouages de ce nouvel extrémisme, qui fait peser une menace inédite sur l’Europe.

À l’approche des élections européennes de mai 2014, une enquête coup de poing sur la montée des mouvements populistes à travers l’Ancien Continent et une infographie pour bien mesurer leur degré de dangerosité.

Arte

Aux dirigeants des partis républicains : prenez vos responsabilités pour faire barrage au FN

Lettre ouverte de Sacha Reingewirtz (UEJF) à Jean-François Copé, président de l’UMP ; Jean-Louis Borloo, président de l’UDI ; François Bayrou, président du Modem ; Harlem Désir, secrétaire national du PS ; Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV ; Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, co-présidents du PG, et Pierre Laurent, secrétaire national du PC.

Mesdames, Messieurs les dirigeants des partis républicains ;

Les Français ont voté et le constat s’impose : jamais l’abstention aux municipales n’a été aussi forte, jamais le Front National n’a été en passe de conquérir autant de villes. La perte d’Hénin-Beaumont est un coup dur. Inutile de tergiverser entre vous pour savoir à qui imputer ce débordement de l’extrême-droite. Aujourd’hui, l’heure est à l’action.

Hebergeur d'image

Oui, les partisans du camp républicain et du vivre-ensemble ont perdu une bataille, non, nous n’avons pas perdu la guerre ! Si les résultats inquiètent, rappelons que le FN ne dépasse pas 7 % des suffrages nationaux. Marine Le Pen s’est promis de faire élire plus de 1000 conseilleurs municipaux, il est encore temps de l’en empêcher !

Qu’est-ce que le Front Républicain ? C’est la conviction que face au populisme et au racisme, aucun calcul politicien ne tient, que seul le bon sens s’impose. C’est l’alliance inévitable des démocrates, c’est la préservation de nos villes face aux apprentis-sorciers du Front National. [...]

Cette semaine, nos militants sillonneront la France pour porter un message de fraternité et donner du souffle à ceux pour qui l’égalité est une promesse lointaine. La désillusion est grande : plus de seize millions de concitoyens ont fait le choix de l’abstention, signe d’un désespoir dont le Front National se nourrit. A Forbach, Fréjus, Perpignan, Saint-Gilles, Béziers, Tarascon ou Avignon, nous faisons confiance dans le réveil citoyen face au parti de la haine. [...]

Huffington Post

Quand le PS cogite sur les réponses aux populismes

Le parti organisait mercredi un colloque à l’Assemblée nationale, dans la perspective des élections européennes.

La Ville de Chateauroux a organisé la remise des médailles de la Famille française (2/06/12)

A quelques mois des élections européennes, qu’on annonce défouloir, le Parti socialiste veut montrer qu’il ne demeure pas inerte face à la «montée des populismes». Est-il pour autant audible ? Mercredi, dans un colloque à l’Assemblée nationale mêlant chercheurs et dirigeants socialistes, le PS a voulu marquer le coup. «C’est une façon de réfléchir à ces enjeux sans faire de bons sentiments», avance le sociologue Michel Wieviorka. Une démarche «utile», a jugé Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, en introduction :

«Parce que la tectonique politique en France et en Europe laisse présager des secousses profondes, brutales et douloureuses, si nous ne faisons rien…»

Selon ses décomptes, 27 partis, dans 18 pays européens, ont toutes les caractéristiques du populisme. Récemment ils ont recueilli des scores atteignant 15% des suffrages ou plus comme en Autriche, où ils viennent de culminer à 28%.«Pour moi, le populiste est un politique au stade primaire de son évolution. Il maîtrise le verbe, harangue, flatte, invective. Il a le talent du langage. Mais, quand vient le temps de l’action, ses mots n’ont aucune prise sur le réel, ou alors, s’il en a, c’est pour le nier, pour l’anéantir. Quand le nuage de fumée se dissipe, on voit le populiste figé, la bouche ouverte et les bras ballants», a poursuivi Bartolone. Avant d’en arriver là, tout le monde, dans le public – beaucoup de militants socialistes – et à la tribune, prend la menace au sérieux…

Ces mouvements, bien que disparates, ont une base commune. Spécialiste de l’extrême droite, et directrice de recherches au CNRS, Nonna Mayer n’aime pas trop le terme «populisme» : «Appelons un chat un chat, propose-t-elle. «Il s’agit de droites extrêmes, exclusionnistes» qui se basent d’abord sur le rejet des immigrés et dont le nouvel ennemi est l’islam. «On ne peut plus les ostraciser, pas les ignorer. Ni faire de surenchère non plus», plaide-t-elle…

Pour le numéro 2 du PS Guillaume Bachelay, avant toute chose, il faut «identifier la menace» : «Pour combattre efficacement un adversaire il faut le qualifier précisément. On peut avoir des habits neufs mais conserver le tissu. Ces partis voient la communauté nationale comme une citadelle assiégée, comme une totalité figée», mise en danger par la diversité, le métissage et les échanges mondiaux. L’Europe est vue comme une «instance de dépossession et d’uniformisation»…

Que faire alors pour contrer ces succès potentiels de l’extrême droite en France et en Europe ? Initiateur du colloque, le député européen PS Henri Weber a dessiné plusieurs voies. La «stigmatisation morale», bien qu’assez «inefficace» contribue tout de même à ses yeux au «cordon sanitaire autour de l’extrême droite [qui] doit être préservé et renforcé, d’autant que la tentation est forte, pour une partie de la droite française, de le faire sauter et de passer alliance». Mais il insiste surtout, comme plusieurs interlocuteurs, sur «la réfutation systématique et argumentée des propositions de l’extrême droite». Il faut «montrer que l’application, même partielle, de ce programme, de ces propositions, plongerait le pays dans le chaos et le malheur», ajoute-t-il.

Guillaume Bachelay ou Harlem Désir n’ont pas dit autre chose quand ils ont martelé que la sortie de la zone euro, préconisée par le FN, conduirait à une dévalorisation de la monnaie de 20% et à une aggravation de la dette française d’autant.

«Si, demain, nous fermons nos frontières aux apports de la mondialisation, fini les biens technologiques, les écrans plats, les smartphones, les tablettes produits à l’étranger ; fini les investissements étrangers en France, ceux qui produisent de la richesse et de l’emploi ; fini la stabilité financière avec des risques démultipliés de spéculation», égrène encore Bartolone…

Libération

André Vallini (PS) : «En matière de sécurité,la gauche naïve, c’est terminé»

Interview du sénateur PS de l’Isère, André Vallini, «spécialiste de justice».

Le déni du réel n’est pas supportable.

Le ministre de l’Intérieur a suscité la polémique et provoqué des réactions indignées, dont celles des deux ministres Verts. Qu’en pensez-vous ?

Aucun sujet n’est tabou mais le droit de vivre en famille est un droit reconnu par les conventions internationales. Et si l’on veut faciliter l’intégration des immigrés, il faut évidemment leur permettre de vivre en famille. Le débat n’a donc pas lieu d’être. Et Manuel Valls l’a dit lui-même hier. Le mieux est encore que chaque ministre s’exprime dans son champ de compétence, sans se croire obligé de commenter ce que d’autres ont dit la veille. […]

Le PS dit avoir «changé de logiciel» sur la sécurité, loin de la «naïveté» des années Jospin. La charge anti-Valls de certains socialistes comme Razzy Hammadi vous surprend-elle ?

La gauche naïve, je vous le confirme, c’est terminé! Et le procès en laxisme instruit par la droite est une rengaine démodée.

La gauche est devenue réaliste d’autant que le PS compte beaucoup d’élus locaux confrontés quotidiennement aux questions de délinquance.

Pour le Parti de gauche, Manuel Valls incarne «l’extrême droite du PS». Que pensez-vous de ces attaques?

Le Parti de gauche est dans la provocation et l’outrance pour essayer d’exister mais ça ne prend pas. Je suis beaucoup plus inquiet de la montée du populisme d’extrême droite. Je C’est pourquoi nous devons éviter les querelles stériles et faire bloc derrière le président de la République et le gouvernement.

Le Figaro

Immigrés/suppression d’allocations : « Du populisme qui pue ! » (Gourrier/RMC)

Les GG de RMC réagissent à la proposition de supprimer les allocations pour les nouveaux arrivants, avancée par Thierry Mariani. Avec le père Patrice Gourrier, Etienne Liebig et Gilbert Collard.

« A partir du moment où tout est mondialisé, eh bien il y a un devoir de solidarité vis-à-vis de l’étranger qui est en France ! [...] On n’est plus au temps des Gaulois ! » – Père Patrice Gourrier

« Moi je me parfume au populisme qui pue et j’en suis fier ! » – Gilbert Collard

« Il y a des immigrés qui constituent le peuple et qui sont plus français (que des Français). » – Etienne Liebig

Populisme. Mélenchon/Le Pen : «Ne pas mélanger les révoltés et les apprentis sorciers, les indignés et les bornés»

Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, s’indigne que Jean-Luc Mélenchon puisse être comparé à Marine Le Pen.

Quoi qu’on pense de Jean-Luc Mélenchon, il est reconnu comme un homme de gauche respectueux des valeurs républicaines.

Une campagne sournoise se fait jour qui consiste à diaboliser Jean-Luc Mélenchon et à l’assimiler en permanence à Marine Le Pen, au nom de la dénonciation des « populismes » (sic). Mais en quoi le FDG est-il comparable au FN ? Que cherchent ceux qui blanchissent ainsi la dirigeante de l’extrême droite ?

Maintenant, on ne dénonce plus l’extrême droite, ou rarement, mais «les extrêmes». C’est pratique, «les extrêmes». On peut y mettre tout et n’importe quoi. On peut notamment y mélanger le FDG et le FN, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. […]

En vertu de quoi on en conclut soit que les deux mouvements susdits sont également dangereux pour la démocratie, soit qu’ils sont tous les deux critiquables mais respectables. C’est injurieux pour l’un, inespéré pour l’autre, et dangereux pour tous.

En tout cas, rien de ce que dit le FDG ne peut être comparé à la démagogie d’un Front National qui détourne la colère populaire vers le rejet de l’autre, alimentant le réflexe xénophobe, le repli identitaire, voire le racisme larvé qui demeurent dans l’ADN de l’extrême droite.

Serait-ce trop demander que de plaider pour un retour à un minimum de sérénité afin de ne pas mélanger les choux et les carottes, les révoltés et les apprentis sorciers, les indignés et les bornés, les militants de la gauche radicale et les affidés de l’extrême droite pure et dure ?

Tout le monde y gagnera, à gauche comme dans la droite républicaine. La seule qui pourrait y perdre est Marine Le Pen. Mais qui s’en plaindra ?

Marianne

Scandales d’Etat: une aubaine pour les extrêmes?

La démission de Jérôme Cahuzac, la mise en examen de Nicolas Sarkozy, la forte mobilisation des opposants au mariage homosexuel, l’arrivée au 2nd tour du Front national aux législatives partielles dans l’Oise, les propos acides de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de Pierre Moscovici, l’actualité est lourde de contestation à l’égard du pouvoir en place et des élites plus largement. Certains établissent même un parallèle entre la situation actuelle de la France et celle des années 30. Mais la comparaison est-elle si évidente ?

JOL Press : Voyez-vous dans la situation politique actuelle des signes comparables à ceux qui, dans les années 30, ont conduit au recours à des hommes providentiels partout en Europe ?

Jean-Pierre Deschodt : Les hommes providentiels sont généralement portés par des mouvements de fond qui restent dans l’absolu difficiles à endiguer. Prenons l’exemple du Front national en 1934, qui se voulait un carrefour ou une courroie de transmission entre les différentes ligues nationalistes : son leader, Charles Trochu, n’a jamais été davantage qu’un élu du conseil municipal de Paris. Un autre patriote, le colonel de La Roque aurait pu prétendre incarner la dynamique nationale ; malgré des scores électoraux honorables, il n’en fut rien. Face à eux, les communistes constituaient un contrepoids qui rendait quasi impossible toute politique réactionnaire.

Force est de constater que la situation actuelle souffre d’un déséquilibre dans le rapport de force. Le Parti communiste, même renforcé par le Front de gauche – à moins qu’il ne soit gêné par lui… – atteint un étiage inquiétant, le Parti socialiste subissant pour sa part une involution électorale. À l’autre bord, l’UMP reconstitue ses forces quelque peu émoussées par l’échec des législatives et la guerre des chefs qui s’ensuivit. Quant au Front national de Marine Le Pen, il reste sur la lancée des présidentielles.

C’est dans ce contexte qu’intervient, selon Jean-Christophe Cambadèlis, le « coup de tonnerre » électoral de la 2e circonscription de l’Oise. Même si l’élection du 24 mars n’est qu’une partielle, elle n’en constitue pas moins un test grandeur nature sur un corps électoral qui se situe à 37% de votants. Quatre enseignements sont à tirer de ce vote :

1/ L’élimination de la candidate socialiste dès le premier tour ;

2/ le caractère inopérant du « front républicain » ;

3/ le vote de plus de 40% des électeurs socialistes en faveur de la candidate du Front national ;

4/ une dynamique électorale qui tourne à l’avantage de la droite non classique, 80% d’électeurs supplémentaires s’étant portés sur son nom.

Ce « tremblement de terre » est pour l’instant localisé mais s’il venait à s’étendre, il pourrait signifier la mise en place d’un mouvement « dextrogyre » (qui incline vers la droite, à l’inverse de « sénestrogyre » qui incline vers la gauche) que Guillaume Bernard a déjà constaté dans d’autres circonstances. Les conséquences seraient à mon avis, déterminantes : la droite est aujourd’hui une non gauche et à l’occasion de cette mutation, la gauche deviendrait une non droite.[...]

JOL Press

Europe. Raphaël Liogier : «L’islamisation est un mythe» (Le Monde)

Pour Raphaël Liogier, politologue, la peur de l’islam en Europe est irrationnelle et relève du mythe. Son dernier ouvrage : Le mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective, éd. du Seuil,

L’islamisation, c’est la mise en scène morbide de l’extinction de la culture européenne. Et c’est cette mise en scène qui alimente un nouveau populisme, qui n’est plus ni de droite ni de gauche.

Le débat est en réalité nourri par le sentiment de faire face à une catastrophe imminente qu’il faudrait à tout prix éviter, au prix même de la violation des droits de l’homme. S’il s’était agit d’un bonnet quelconque ou d’une robe safran symbolisant l’appartenance au bouddhisme, il est clair que l’affaire n’aurait pas eu lieu. […]

Le problème n’est même pas l’islam en tant que tel, mais le sentiment obsessionnel d’être assiégé, autrement dit l’angoisse de l’islamisation. […]

L’Europe, qui avait déjà perdu sa prééminence économique et militaire, a maintenant perdu aussi ce qui lui restait encore : sa prééminence symbolique. Une multitude de crises suivront, débats sur les racines chrétiennes de l’Europe, sur une Constitution commune, sur les identités nationales. Pour aboutir à ce sentiment de déclin irréversible partagé par une majorité de Français, sentiment de peur devant les nouvelles grandes puissances comme la Chine.

C’est à partir de cette blessure narcissique du monde européen, plus cruellement ressentie dans cette France qui a construit le mythe de sa propre exception et de son universalité, que l’on doit comprendre l’angoisse de l’islamisation. […]

Si nous ne voulons pas vivre demain dans un régime d’exception, sans doute faudrait-il mettre en place les conditions d’un vrai débat sur le vivre ensemble.

Le Monde (Merci à artichaud)

Le «rêve morbide» de Cohn-Bendit : Marine Le Pen présidente

Daniel Cohn-Bendit, député européen Vert, «décrypte» dans le JDD les causes de la crise politique italienne, la montée des populismes et montre du doigt Angela Merkel. «Il faut tirer la sonnette d’alarme» estime-t-il

Imaginons, je dis bien imaginons –nous avons tous des rêves morbides –, Mme Le Pen présidente. Que fait-elle au sujet de la viande de cheval et de Spanghero? Que fait-elle pour sauver Peugeot? Oblige-t-elle les Français à rouler français ?

La montée des populismes en Europe serait donc due au rejet de l’Europe ?

Les sociétés en crise ne voient pas la valeur ajoutée de l’Europe mais au contraire pointent sa responsabilité dans la dégradation économique de leur pays. Ce qui n’est pas exact, la réalité est bien plus complexe mais l’Europe ne sait pas offrir autre chose. Cela dit, trouvez-vous que la Grande-Bretagne, qui n’a pas adopté l’euro, se porte bien? En Suède, autre pays qui a conservé sa devise, l’écart entre les riches et les pauvres ne fait qu’augmenter. La seule réponse des autorités, c’est le renforcement des inégalités et des injustices sociales. Une politique dont on voit la traduction dans les urnes.

Marine Le Pen estime que le résultat des élections italiennes est «assez enthousiasmant pour les élections européennes»…

Oui, c’est un vrai danger. On risque d’avoir au Parlement européen une majorité d’eurosceptiques. La crise, l’immigration non légale, les Roms, les scandales alimentaires… «Tout est de la faute de l’Europe», entend-on dire. Mais ce sont les gouvernements nationaux qui ont refusé une plus grande traçabilité des produits alimentaires… […]

Le JDD

Italie. Le «populiste et démagogue» Beppe Grillo fait une entrée fracassante au Parlement : 25% (MàJ vidéo)

Marc Lazar, professeur à Sciences-Po, nous en dit un peu plus sur Beppe Grillo :

« Des revendications quasiment d’extrême-droite contre l’immigration »

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Addendum 25 /02 : Les élections italiennes n’ont pas dégagé de majorité mais avec plus de 25 % au Sénat et à la chambre, Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) du comique populiste Beppe Grillo, qui a pris davantage de voix à gauche qu’à droite, dépasse les plus folles espérances de ses partisans. Il se place derrière les deux coalitions du Parti démocrate(PD) et du Peuple de la liberté (PdL), mais est désormais le second parti italien après le Parti démocrate. Un score de 20% aurait déjà été un exploit. Pierluigi Bersani, secrétaire du PD, devrait payer lourdement cette défaite et abandonner le leadership de la gauche.

Le Point

Devinette : quelle phrase Beppe Grillo n’a-t-il pas prononcée ?

- « Donner la nationalité italienne à ceux qui sont nés dans le pays, sans que leurs parents aient une nationalité italienne, n’a aucun sens. »

- « L’immigration, c’est une bombe à retardement. »

- « [Les Français] vont bombarder les Touaregs et les musulmans pour aider un gouvernement né d’un coup d’Etat au Mali, un pays riche en uranium et en or. Ils sont impérialistes. Et nous sommes contre tout type de guerre. »

Réponse : il est l’auteur des trois phrases, alors que son côté contestataire le fait passer le plus souvent pour un candidat de l’extrême gauche, comme ici dans Paris Match. « D’un côté il se positionne à l’extrême gauche, défendant un discours anti-impérialiste, anti-establishment et pacifiste, explique Giuliano Santoro. De l’autre, il s’attaque à l’immigration. On observe aussi que son discours change en fonction de la région où il le prononce. »

Francetvinfo

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Ratissant de l’extrême gauche à l’extrême droite, le comique Beppe Grillo devrait faire une entrée fracassante au Parlement italien avec un score de l’ordre de 20%. Un véritable «tsunami politique» selon Le Point.

Quel sera lundi soir le score du Mouvement 5 étoiles, 17 % ? 20 % ? 25 % ? Le quotidien La Repubblica prévoit jusqu’à 200 «Grillini» – les partisans de Grillo – dans le nouveau Parlement.

Il l’avait promis et il l’a fait. Pour son dernier meeting électoral, Beppe Grillo a rempli de plus de 500 000 supporteurs la Piazza San Giovanni, la plus grande place de la Ville éternelle, qui accueille depuis un siècle les rassemblements du peuple de gauche. Durant les mêmes heures, Silvio Berlusconi déclarait forfait à la manifestation prévue à Naples et Pier Luigi Bersani réunissait ses fidèles… dans un théâtre de quatre cents places. Les leaders censés faire la course en tête n’ont pas osé affronter le comique populiste dans la traditionnelle démonstration de force de clôture de campagne. Un aveu de faiblesse qui alimente les craintes et les spéculations. […]

Puis Grillo évoque son programme. Il promet tour à tour la démocratie directe via Internet et la semaine de 30 heures. Avant de se reprendre : «Non, pas 30 heures de travail hebdomadaires, mais 20 heures ! » Suivent le mariage des prêtres, un revenu minimum de 1 000 euros, la fin des missions militaires de paix «qui sont en réalité des missions de guerre». On croit alors pouvoir situer politiquement Grillo à gauche, mais le Coluche italien prend son auditoire à contre-pied. Abolition d’Equitalia, l’organisme de recouvrement des impôts, abolition de la taxe foncière, interdiction de saisir les habitations principales, condamnation de l’euro, attaque contre Angela Merkel et la politique de rigueur : c’est la moitié du programme de Berlusconi qui vient de défiler. […]

Le Point